Les gagnants, les perdants, le financement : trois questions sur le budget 2021 de l'Etat

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En 2021, 1.500 à 2.000 postes vont être supprimés à la Direction générale des finances. 1:19
En 2021, 1.500 à 2.000 postes vont être supprimés à la Direction générale des finances. © Joël SAGET / AFP
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Conséquence de la crise sanitaire et de son impact économique : le budget 2021, qui arrive lundi en Conseil des ministres, sera largement absorbé par le plan de relance. Toutefois, certains ministères, comme la Justice, la Défense ou encore l'Education, devraient bénéficier d'une hausse sensible de leur budget.
DÉCRYPTAGE

Le budget 2021 sera présenté lundi matin en Conseil des ministres. Il s’annonce particulier cette année, puisqu’il s’agit, très largement, du plan de relance de 100 milliards d'euros (dont 30 milliards environ débloqués dès 2021), qui va être transformé en "dette Covid" pour endiguer la crise économique déclenchée par la crise sanitaire. Hors Covid, le budget sera globalement à l'équilibre, avec des gagnants et des perdants.

Quels sont les ministères gagnants ?

Le ministère le plus gâté cette année, c'est celui de la Justice : avec un budget en hausse de 8%. 2.450 embauches sont prévues d'ici fin 2021, l'objectif étant de rendre la justice "plus rapide", selon les termes du Premier ministre Jean Castex.

Le budget de la Défense continue également de grimper, avec une hausse de 4.5% l'an prochain, pour moderniser notre armée.  

Autre gagnant de l'année 2021 : l'Education, avec un budget en hausse de 2.5%. Il y aura des embauches supplémentaires et une enveloppe de 400 millions d'euros consacrée à la revalorisation des salaires des enseignants.

Quels sont les ministères perdants 

Dans les perdants, il y a le ministère de l'Economie. Le gouvernement prévoit le maintien global des effectifs de fonctionnaires l'an prochain. Mais des embauches sont déjà prévues dans certaines administrations, ce qui devrait donc en contraindre d’autres à baisser la voilure. Ainsi, 1.500 à 2.000 postes devraient être supprimés en 2021 à la Direction générale des finances.

Et il y enfin l'audiovisuel public, qui va devoir se priver de 70 millions d'euros, alors que ses recettes publicitaires sont en baisse de 15 à 20% selon le CSA.

Comment le budget sera-t-il financé ? 

Un chose est sûre : il n'y aura de hausse d’impôts, comme l'ont répété à plusieurs reprises les membres du gouvernement. Il y aura toutefois bien d'autres rentrées d'argent. Première source de revenus : la réforme des APL. Reportée à plusieurs reprises, elle est bien prévue cette fois pour le 1er janvier 2021. Le montant des aides au logement ne sera plus calculé sur les revenus d'il y a deux ans mais sur ceux des 12 derniers mois. L'État avait calculé une économie d'1,4 milliard avant le Covid. Mais avec la crise et le nombre de bénéficiaire qui devrait augmenter, les économies devraient diminuer.

Autres sources de revenu : le gouvernement demande aux mutuelles une contribution exceptionnelle d'1,5 milliards sur 2 ans. L'Assurance maladie a en effet pris en charge une grande partie des soins pendant le Covid. Beaucoup de Français ont renoncé également à aller chez le médecins. Ce qui a permis aux complémentaires Santé d'économiser plus de deux milliards d'euros. L'Etat compte bien en récupérer une partie, même si les mutuelles menacent en face d'augmenter leurs tarifs.

Enfin, un effort va être demandé à action logement, ex-1% logement. Le gouvernement avait déjà annoncé une ponction d'1 milliard. Il rajoute 300 millions d'euros supplémentaires.

Europe 1
Par Carole Ferry, édité par Romain David