Augustin de Romanet : "Aéroports de Paris a perdu 98% de son chiffre d'affaires"

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Augustin de Romanet, le patron d'aéroports de Paris (ADP), était l'invité d'Europe 1, vendredi matin. Il a assuré qu'ADP a "perdu 98%" de son chiffre d'affaires, après plus de deux mois de fermeture en raison de la pandémie de coronavirus. 
INTERVIEW

Comme tout le secteur aérien, les aéroports de Paris sont frappés de plein fouet par la crise économique. Augustin de Romanet, le patron d'ADP, a dressé sur Europe 1 un sombre bilan de l'impact du coronavirus. "Nous avons perdu 98% de notre chiffre d’affaires pour les aéroports. Pendant trois ans, avec les débats sur la privatisation, on a dit que nous étions une poule aux œufs d’or. Et bien un jour la poule aux œufs d’or n’a plus d’oeufs", a-t-il déploré vendredi matin au micro de Sonia Mabrouk. 

"Il est important pour l'ensemble du secteur que le transport aérien reparte"

Depuis près de deux mois, seul l'aéroport de Roissy dessert la capitale, avec un trafic aérien qui a atteint en avril seulement 1,4% du niveau d'il y a un an. Mais ADP va pouvoir souffler dans les prochaines semaines avec la réouverture annoncée le 26 juin prochain de Paris-Orly, qui était fermé depuis le 31 mars. "Il est important pour l’ensemble du secteur aérien que le transport aérien reparte, y compris en provenance et à destination d’Asie, et vis-à-vis du monde américain", a jugé Augustin de Romanet. 

Des licenciements à venir ? "Il n'en est pas question aujourd'hui"

Le patron d'ADP a refusé d'évoquer, pour le moment, la possibilité de procéder à des licenciements. "La question de la survie économique d’un groupe est posée à tout moment quand on est dans une crise comme celle-là. Évidemment, le souhait de tout entrepreneur est de conserver l’emploi au maximum. Il n’est pas question aujourd’hui de parler de mesures d’adaptation avant d’avoir pris l’exacte mesure de ce qui va nous arriver", a estimé Augustin de Romanet. 

"Pas d'informations" sur le report de la privatisation

La pandémie de coronavirus a également incité le gouvernement à écarter, pour le moment, son projet de privatisation d'ADP. Elle "ne saurait se poser dans l'immédiat compte-tenu des conditions", avait certifié l'exécutif, début mars. Augustin de Romanet n'a, depuis, "pas reçu d'informations" à ce sujet. "Je n’ai pas eu particulièrement de commentaires de l’État à ce sujet. Je ne pense pas que ce soit en haut de sa pile en ce moment, je n’ai pas reçu d’informations", a conclu le patron d'ADP.