Arrêt maladie : 19% des salariés retournent quand même travailler

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EXCLU - Près d'un arrêt maladie sur cinq n'a pas été observé au cours des douze derniers mois, selon une étude Ifop pour Malakoff-Médéric. Un phénomène qui touche principalement les cadres.

INFO EUROPE 1

Les salariés en arrêt maladie qui continuent à travailler ne sont pas si rares que ça. Une étude Ifop menée pour le compte du groupe de protection sociale Malakoff-Médéric qu'a pu se procurer Europe 1 nous apprend qu'au cours des douze derniers mois, un arrêt maladie sur cinq prescrit par un médecin n'a pas été observé par le salarié, qui a repris son travail immédiatement ou au bout de quelques jours.

Le travail s'empile. Malade, d'accord, mais pas question de se laisser aller ! C'est la réponse qui revient une fois sur deux lorsque l'on interroge les 19% de salariés qui se sont vu prescrire un arrêt maladie, et qui ont quand même repris le travail. "Il y a quelques mois j'ai eu une intervention sur le ménisque. Mon médecin m'a prescrit une semaine d'arrêt de travail. J'étais au bureau le lendemain, parce que j'ai du travail à faire et que j'ai une équipe. Il n'y avait aucune raison que je me prélasse dans mon lit alors qu'il y avait du travail à faire", explique Eric, cadre dans un grand cabinet d'audit à Paris, auprès d'Europe 1. "C'est le genou qui ne marchait pas, la tête marchait très bien".

Le renoncement à tout ou partie d'un arrêt de travail est très fréquent chez les cadres, avec une autre raison souvent avancée : la crainte de devoir tout rattraper une fois revenu à son poste. "J'ai déjà eu un congé maladie de deux jours et, effectivement, au bout d'une journée je suis reparti travailler, parce que le travail continue de s'empiler et que j'allais suffisamment bien pour retourner au boulot", explique Thibault.

Une reprise qui n’est pas sans conséquence. Et quand vous revenez quelques jours ou quelques semaines plus tard pour demander aux salariés qui n'ont pas pris leur arrêt de travail s'ils regrettent leur décision, quatre sur dix vous répondent que oui : parce que la qualité de leur travail s'en est ressentie, parce qu'ils ont mis plus de temps à se débarrasser de leur maladie, parce que leur moral en a pris un coup, ou encore parce qu'ils ont contaminé leurs collègues dans le cas d'un virus.

Un retour au travail illégal. Rappelons qu'un salarié a 48 heures pour envoyer à la Sécurité sociale l'arrêt de travail signé par le médecin. S'il ne l'envoie pas, l'arrêt de travail est réputé ne pas avoir existé, et le salarié peut reprendre son boulot illico. Si l'arrêt est envoyé, le retour au travail avant le terme indiqué est illégal, sauf si le médecin a signé un certificat autorisant ce retour anticipé.