Olivier Adam dénonce "un milieu littéraire où il y a beaucoup d’entre soi, de collusion et de coups bas"

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Au micro de Philippe Vandel, l'écrivain et scénariste Olivier Adam a évoqué jeudi un milieu littéraire hostile et concurrencé par le succès des séries télévisées. Cet "entre-soi" est d'ailleurs le sujet dans son nouveau livre Une partie de badminton, au même titre que la thématique du déclassement social. 
INTERVIEW

Invité de Culture médias, jeudi, l’écrivain et scénariste Olivier Adam signe un nouveau roman, intitulé Une partie de badminton et publié chez Flammarion. Adepte des problématiques sociales, l’auteur de Je vais bien ne t’en fais pas (Le Dilettante, 1999) et Des vents contraires (éditons de l’Olivier, 2009) dépeint, dans Une partie de badminton, les galères d’un écrivain déchu, contraint de s’exiler en Bretagne à cause du coût élevé de la vie à Paris.

 

"Un jour ou l’autre on doit négocier avec la loi de l’emmerdement maximum" : dès la quatrième de couverture, Olivier Adam annonce le ton de son roman. Dans Une partie de badminton, le narrateur, Paul Lerner, connaît une période difficile, polluée par la crise d’adolescence de ses enfants, l’infidélité de sa femme, le désintérêt des lecteurs pour son travail mais aussi par le harcèlement d’une fan.

"J’ai forcé le trait. Je me suis imaginé quand je ne vendrai plus un livre et que plus personne ne parlerait de moi", explique Olivier Adam. "J’ai commencé à me demander : ‘Et si, à un moment donné, on n’arrivait plus à payer le loyer et qu’il fallait rentrer en Bretagne pour trouver un boulot ?’".

Une guerre d'égos

Dans son nouveau livre, Olivier Adam raconte aussi un milieu littéraire de plus en plus féroce. "On a l’impression que la littérature française ne fait plus rêver grand monde. C’est peut-être dû à l’attrait des séries qui sont devenues une grande concurrence ?", se demande l’écrivain, qui ressent une "hystérisation" entre écrivains.  

"C’est un milieu où il y a beaucoup d’entre soi, de collusion et de coups bas", poursuit-il en dénonçant, "une manière de se gonfler d’importance" chez les écrivains.

Frédéric Beigbeder et "Ouin-ouin au pays du divorce"

Le travail d’Olivier Adam est si peu apprécié par l'écrivain et critique littéraire Frédéric Beigbeder, qu'il l'a surnommé "Ouin-Ouin au pays du divorce". Une raillerie qui n’atteint pas pour autant Olivier Adam, qui a par la suite utilisé cette formule dans ses bouquins. "J’ai trouvé très drôle qu’il se moque de moi sur ma capacité à toujours tout voir en noir", justifie Olivier Adam.

"Une fois, il a même fait un faux pitch d’un de mes romans. Il a imaginé ce que pourrait être le sujet de mon prochain roman. C’était hilarant. C’était forcément une femme battue, dans un HLM, sans boulot, qui rencontre un migrant, qui lui-même n’a plus de jambes. Il se foutait de moi royalement et j’ai trouvé ça vraiment marrant", se souvient l’écrivain, qui ne se dit pas rancunier. 

Europe 1
Par Tiffany Fillon