"On fête les 250 ans du cirque et rien n'est prévu" par la Culture, déplore Francesco Bouglione

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Le directeur du cirque Bouglione raconte sa passion pour le cirque dans lequel il est né, mais regrette un certain manque de reconnaissance du ministère de la Culture.
INTERVIEW

Il est né lors d'une tournée en Belgique. Tombé dans la marmite du cirque quand il était petit, Francesco Bouglione n'aurait pas pu faire autre chose dans sa vie. Invité de l'émission Il n'y a pas qu'une vie dans la vie, dimanche sur Europe 1, le directeur du cirque Bouglione est revenu sur un parcours hors du commun. Entre éléphants et trapèze volant, il raconte aussi l'histoire d'une famille et de son Cirque d'Hiver parisien.

Le Cirque d'Hiver. Avant de s'ancrer à Paris, la famille prend sa source en Italie. Au 18ème siècle, les Bouglione y sont montreurs d’ours, avant de passer la frontière française. "Les premiers sont arrivés sous le Premier Empire et sur leur passeport il y avait marqué 'conducteur d’animaux sauvages'", raconte Francesco Bouglione. De génération en génération, la ménagerie devient cirque. Au temps des grands-parents de Francesco Bouglione, la famille connaît un triomphe avec le spectacle Buffalo Bill. "Ça a été un tel succès que la majorité des spectacles parisiens ont demandé à la mairie de Paris que les frères Bouglione démontent et quittent la capitale parce qu’il n’y en avait que pour eux." Mais le patronyme désormais connu de tous permet à la famille de louer le Cirque d’Hiver dans un premier temps. "Ils sont arrivés en 1934. Et ils l’ont racheté en 1954", détaille Francesco Bouglione.

Une vaste entreprise. Derrière la piste, les rideaux et les numéros magiques, il faut se figurer une grande entreprise, qui emploie au plus fort des représentations jusqu'à 800 employés. Il y a "autant besoin d’artistes que de menuisiers, de soudeurs, de chefs monteurs", explique le directeur du cirque. "Quand on voit nos parents sur la piste, on a envie de faire la même chose quand on voit le public qui applaudit. Quand on est enfant, on ne se rend pas compte du travail. Ça reste un des plus beaux métiers du monde", s'enthousiasme Francesco Bouglione qui voulait suivre la même voie que son père. "Je ne le voyais pas comme le directeur" mais comme celui qui "travaillait avec les éléphants."

Entendu sur europe1 :
On travaille avec le ministère de l'Environnement pour réintroduire des espèces dans leur milieu naturel grâce à des portées qui viennent du cirque

"L'école, c'était l'enfer". Après avoir sillonné l’Europe en famille jusqu’à 11 ans, sa plus "grande punition" est d'aller à l'école sédentaire. "C'était l'enfer. J’étais complètement décalé dans mon niveau scolaire." Alors, à 14 ans, Francesco Bouglione commence à travailler comme garçon à tout faire, puis devient jongleur et écuyer acrobate. Puis il quitte la piste pour un bureau à quelques mètres des projecteurs en devenant gestionnaire et finalement directeur comme son père. Et décide de l'avenir du cirque avec frères, sœurs, cousins et cousines.

La question des animaux dans les cirques. Au plus près des chiffres, Francesco Bouglione assure avec regret que le cirque "n’est pas subventionné". "Quand un spectacle est populaire en France, il n’est pas culturel. Cette année, on fête les 250 ans du cirque et rien n’est prévu" par le ministère de la Culture, souligne-t-il. Il précise en revanche travailler "avec le ministère de l'Environnement pour réintroduire des espèces dans leur milieu naturel grâce à des portées qui viennent du cirque". "Il y a un grand travail à faire avec les associations qui nous harcèlent un peu trop ici et qui ne font pas assez de choses dans leur milieu naturel."

Le monde du cirque en chiffres

- 13 millions de spectateurs par an tous cirques confondus, en France.

- Près de 800 personnes travaillent au cirque Bouglione au plus fort de la saison. Environ 200 salariés sont en CDI.

- 5.500 mètres carrés : c'est la surface du cirque d'Hiver.

- De 200 à 1000 euros nets par jour : c'est la rémunération des artistes du cirque Bouglione pour deux représentations par jour, avec 25 ou 26 jours de représentations garanties dans le mois.

Europe 1
Par Aurélie Dupuy