Lorànt Deutsch : "Aujourd'hui, on ne peut même plus se poser la question de nos origines"

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Dans "Culture médias" sur Europe 1, le comédien évoque son spectacle "Romanesque", adaptation de son livre éponyme qui raconte "la folle aventure de la langue française". L'écrivain déplore que l'on ne puisse plus clamer son amour de la France sans être taxé de repli identitaire.
INTERVIEW

Dans Romanesque, paru en 2018, Lorànt Deutsch s'attaquait à la langue française et à sa longue histoire, faite de métissage. Un récit qu'il a voulu porter sur la scène du théâtre de Paris dans un spectacle à l'affiche jusqu'au 15 septembre. Un retour à ses premiers amours, comme il l'explique dans Culture médias sur Europe 1. "L'idée était aussi de retrouver mon métier premier, car j'ai commencé comme comédien", confie Lorànt Deutsch, passionné d'histoire.

"1.500 mots qui viennent des Anglais, 1.000 mots italiens ou encore 1.000 mots de l'arabe"

"La langue française façonne notre identité", explique Lorànt Deutsch. Le comédien souligne à quel point la langue est le dénominateur commun d'un pays et de son histoire. "Qui mieux qu'elle, plutôt que tout autre chose comme la couleur de la peau, la religion ou l'ancrage territorial, façonne notre identité ?", relève ainsi l'écrivain.

Pendant son spectacle, Lorànt Deutsch explique que la langue française doit beaucoup à Clovis, mais aussi "à tout ceux qui l'ont enrichi, l'ont métissé". Il rappelle ainsi que la langue française comporte "1.500 mots qui viennent des Anglais, 1.000 mots italiens ou encore 1.000 mots issus de l'arabe".

"Si on dit que l'on aime la France, on nous répond alors qu'on n'aime pas l'étranger"

Lors de son précédent livre, Hexagone, Lorànt Deutsch avait été taxé de livrer une certaine vision de l'histoire française, idéologiquement à droite. Des accusations qu'il balaie. "Aujourd'hui, on ne peut même plus se poser la question de nos origines. (…) Si on dit que l'on aime la France, on nous répond alors qu'on n'aime pas l'étranger", déplore le comédien. Une "bêtise binaire" selon lui. "Moi je pense qu'on peut aimer la France et les étrangers. Je suis dans l'addition plutôt que la soustraction et les combats", affirme Lorànt Deutsch.

Europe 1
Par Guillaume Perrodeau