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«Le Cid pète un câble», la pièce pour faire découvrir le théâtre classique aux enfants

Emma Ben Youssef Sudarovich . 2 min
«Le Cid pète un câble», la pièce pour faire découvrir le théâtre classique aux enfants
«Le Cid pète un câble», la pièce pour faire découvrir le théâtre classique aux enfants © Théâtre des Mathurins, Paris

La comédienne et humoriste Caroline Vigneaux s'est lancé un défi complètement fou, faire "péter" le Cid de Corneille. Dans sa nouvelle pièce de théâtre "Le Cid pète un câble", l'artiste propose une réécriture du plus grand classique de Corneille. Une réadaptation jouée au Théâtre des Mathurins à Paris, du 15 janvier et 27 février prochain, pensée pour les enfants.

"Ô rage, ô désespoir", Caroline Vigneaux fait exploser "Le Cid" de Corneille. C'est sans doute ce que se diront certains amoureux du théâtre et pourtant. Cette pièce entièrement pensée pour les enfants, jouée au Théâtre des Mathurins du 15 janvier au 27 février, est une preuve d'amour envers l'un des plus grands classiques du théâtre.

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"Un objet qui serait une préparation" aux classiques

"Ce n'est pas la première fois qu'on me prend pour une folle, vous savez", s'amuse Caroline Vigneaux au micro de "Culture Médias". Invitée de Thomas Isle ce mardi matin, elle explique le cheminement de pensée, loin d'être fou, qui l'a poussée à réécrire "Le Cid" de Corneille. 

Soucieuse de vouloir faire découvrir le théâtre classique à ses enfants, la comédienne les avait emmenés voir "L'Avare" de Molière, car elle lui paraissait être "une pièce drôle et facile". "Je leur ai dit, 'vous allez voir c'est hyper drôle, faites-moi confiance'. Le spectacle commence, ils me regardent mais en 'PLS''", et demandent désabusés, "ça va durer longtemps ?". 

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L'actrice explique alors s'être "retrouvée dans cette situation affreuse", où elle souhaitait leur expliquer durant le spectacle les tenants et aboutissants, les détails du jeu, afin qu'ils comprennent la drôlerie de l'œuvre de Molière. En sortant du théâtre, Caroline Vigneaux se dit alors ne pas avoir suffisamment préparé ses enfants à assister à la pièce et que ce serait "vraiment chouette d'avoir un objet qui serait une préparation", aux classiques. C'est ainsi que naquit "Le Cid pète un câble". 

Une pièce importante de l'Histoire

"Le Cid", pièce éminemment sociétale est la préférée de Caroline Vigneaux. Et pour cause, "ça parle d'ados, ça parle d'honneur, de 'darons' qui 's'enguelent'". Une œuvre qui a finalement tous les outils pour plaire aux plus jeunes, sauf peut-être le texte qui parait désuets aux adolescents. De cette manière en la réécrivant presque entièrement, la metteuse en scène espère toucher les adolescents qui pourront ensuite aller voir l'originale en ayant toutes les clés de compréhension.

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Par ailleurs, Caroline Vigneaux aime d'autant plus "Le Cid" pour son poids historique. Particulièrement importante dans l'Histoire du théâtre français, Corneille signe grâce à elle la fin du courant baroque. Succès retentissant en France et à l'étranger à sa sortie en 1637, elle ne respecte cependant pas les règles du théâtre classique que sont "l'unité de lieux, de temps, la bienséance et la vraisemblance", comme le rappelle l'autrice. 

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Autant de raisons qui poussent ses jaloux concurrents à inciter l'Académie française de Richelieu, née deux ans plus tôt, de juger la pièce. L'instance se révèle alors intransigeante avec "Le Cid" et vexe alors Corneille qui n'écrira plus durant trois ans. Un épisode de l'histoire connu désormais sous le nom de "la querelle du Cid" et qui a participé à forger la légende de la pièce, au même titre que ses répliques cultes. 

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Des répliques que Caroline Vigneaux a bien entendu laissé dans son adaptation. "Tous les grands vers que vous connaissez sont respectés, mais j'en ai rajouté", écrits en alexandrin, assure-t-elle. Avant de poursuivre en expliquant avoir réduit le temps de la pièce, la faisant ainsi passer de 3h40 à 1h20. La metteuse en scène a cependant "respecter la structure de la pièce". Un pari certes risqué mais qui devraient facilement trouver son public.