Joker : notre sélection de comics indispensables pour prolonger le film

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Il existe de nombreuses histoires passionnantes du Joker aux éditions Urban Comics.
Il existe de nombreuses histoires passionnantes du Joker aux éditions Urban Comics. © Clément Lesaffre / Europe 1
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Le film "Joker", en salles actuellement, pourrait bien vous donner envie de plonger dans l'univers du clown pire ennemi de Batman. Europe 1 a sélectionné pour vous les meilleures histoires du Joker.

La Mostra de Venise, le box-office et bientôt les Oscars ? Joker, le film événement de Todd Philipps retraçant les origines du plus célèbre ennemi de Batman, a conquis les critiques et le public depuis sa sortie. Preuve, s'il en fallait une, que ce personnage apparu pour la première fois en 1940 continue de fasciner. Aussi loufoque que terrifiant, le Joker a inspiré moult scénaristes et dessinateurs au fil des ans. Alors, pour prolonger le film, Europe 1 a sélectionné les meilleurs comics mettant en scène le Clown Prince du Crime*.

Tout, vous saurez tout sur le Joker

Les histoires du Joker sont éparpillées parmi celles, nombreuses, de Batman. Pas simple de s’y retrouver. Alors l’idéal, pour se lancer, c’est Joker - Anthologie, parue chez Urban Comics. Comme son nom l’indique, c’est une compilation de 17 histoires courtes du Clown Prince du Crime. Depuis sa première apparition en 1940 jusqu’aux versions revisitées des dernières années, en passant par la période de censure des années 50-60, vous saurez tout sur le Joker. Agrémentée de textes introductifs qui replacent chaque histoire dans leur contexte, cette anthologie très complète (plus de 350 pages) se picore avec plaisir.

L'homme qui rit

Une bonne histoire pour commencer si vous n'êtes pas familier des comics et/ou du Joker. En 2005, Ed Brubaker et Doug Manhke se chargent de réécrire la première aventure du Joker. Le titre, L'homme qui rit, rend d'ailleurs hommage au roman éponyme de Victor Hugo, dont l'adaptation au cinéma inspira en 1940 aux créateurs de Batman le personnage du Joker. On y retrouve donc un Batman débutant, qui commence tout juste à collaborer avec la police et notamment le capitaine Jim Gordon.

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Le récit est un entrelacement de monologues du policier et du justicier, sur la piste d'un mystérieux criminel déguisé en clown. Le Joker sème la terreur dans Gotham en s'en prenant aux riches et puissants. Dans son sillage, il laisse des cadavres au visage figé dans un dernier rictus. L'homme qui rit est un comic-book efficace qui place les enjeux de la relation entre Batman et son ennemi éternel. L'édition d'Urban Comics comporte par ailleurs une seconde histoire passionnante qui laisse Batman de côté pour suivre un groupe de policiers confrontés à un Joker plus diabolique que jamais.

Killing Joke

Si Killing Joke est un comics estampillé Batman, en réalité il s'agit d’abord d'une très grande histoire du Joker. La meilleure en fait, de l'avis de tous les spécialistes. En seulement 46 pages, Alan Moore et Brian Bolland ont réussi un tour de force : raconter une histoire originale et marquante, tout en revenant, grâce à des flashbacks astucieux, sur les origines du Joker comme comique raté. Ce double récit met en scène un Joker qui va s'employer à démontrer qu'il suffit d'une mauvaise journée pour devenir aussi fou que lui. Ainsi, il va s'en prendre au plus intègre des hommes, le commissaire Gordon, pour essayer de le faire craquer.

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Sorti en 1986, en pleine réinvention de Batman, Killing Joke a changé à jamais la conception du Joker. Malgré son petit nombre de pages, il s'agit du comics qui dépeint le mieux leur relation toxique. Avec une écriture fine et des dessins magnifiques, les auteurs retranscrivent comme personne le tango macabre que se livrent le Chevalier Noir et son Némésis. Tellement fascinant qu'on n'a qu'une envie : relire encore et encore ce chef d'oeuvre. Bref, que l’on aime ou pas les comics, il faut lire Killing Joke.

Le deuil de la famille

Une fois que vous aurez appréhendé l'univers de Batman et du Joker, parsemé d'ennemis et d'alliés secondaires mais aussi d'arcs scénaristiques repris et modifiés au fil du temps, vous serez mûrs pour attaquer Le deuil de la famille. Loin, très loin du clown amusant, Scott Snyder et Greg Capullo, auteurs de nombreuses histoires de Batman, y dépeignent le Joker sous ses traits les plus terrifiants, au sens littéral : le Prince du Crime porte son visage, découpé dans une précédente histoire, comme un masque.

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Le Joker n'a jamais été aussi fou que dans cette histoire très sombre, publiée en 2012. Bien décidé à se venger de Batman, l'ennemi numéro un de Gotham va piéger tous ses alliés et préparer une macabre surprise au Chevalier Noir. Le deuil de la famille (à ne pas confondre avec Un deuil dans la famille, autre grande histoire du Joker que vous pouvez ajouter à votre liste) est l'occasion de croiser nombre d'alliés (Robin, Bat-Girl, Nightwing) et d'ennemis (Double-Face, le Pingouin…) de Batman, jusqu'à un dénouement inoubliable.

White Knight

Et si le Joker était le gentil et Batman le méchant ? C'est le postulat pour le moins original de cette réinterprétation du mythe signée Sean Murphy. Guéri de sa folie par un mystérieux médicament, le Joker redevient Jack Napier, et parvient à se faire absoudre de ses crimes. De quoi déstabiliser Batman, qui ne croit pas à la théorie de la rédemption. Sans repères, le Chevalier Noir s'enfonce dans une spirale de violence tandis que le Joker, devenu le Chevalier Blanc de Gotham, fait campagne pour se faire élire et discrédite l'homme chauve-souris.

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Paru seulement en 2018, White Knight est la preuve que le Joker est une source d'inspiration inépuisable pour les scénaristes. En huit chapitres, Sean Murphy propose une histoire novatrice et très prenante, servie par des dessins d'une grande finesse. Il utilise à merveille le bestiaire de Batman pour mettre en danger le héros et offre surtout au Joker un rôle tout en dualité. Le pire, c'est qu'on prendrait presque fait et cause pour Jack Napier !

Le choix de François Hercouët, responsable éditorial d'Urban Comics

Fin connaisseur de Batman et du Joker, puisqu'il édite leurs aventures en France, François Hercouët recommande, lui, la lecture de Mad Love, un comics tiré de la série animée Batman de 1992, scénarisé par Paul Dini et Bruce Timm : "C'est une histoire racontée du point de vue d'Harley Quinn, la petite amie du Joker. À travers son regard, on observe la relation toxique entre Batman et le Joker. Une relation qu'elle subit car elle est amoureuse du Joker mais son 'Monsieur J' n'a d'yeux que pour le Chevalier Noir. C'est un triangle amoureux à la fois drôle et tragique. Le dessin est cartoon, c'est une bonne porte d'entrée dans l'univers du Joker."

*Tous les comics cités sont disponibles aux éditions Urban Comics