Joan Baez a fait ses adieux à la scène française : "Maintenant, on peut mourir, on l’a vue !"

, modifié à
  • A
  • A
Joan Baez 1280 1:30
© HERBERT PFARRHOFER / APA / AFP
Partagez sur :
À Perpignan, la chanteuse américaine de folk s’est produite pour la dernière fois dans l'Hexagone, lundi soir, devant un public ému aux larmes.
REPORTAGE

La première fois qu'elle s'est produite en France, c'était il y a 56 ans. Joan Baez, la mythique chanteuse folk, a donné lundi soir son dernier concert dans l'Hexagone, à Perpignan, dans le cadre du festival Live au Campo. Pour l’occasion, quelque 2.500 personnes sont venues assister aux adieux de l’interprète de Here’s to you, Nicolas and Bart.

Seule sur scène, guitare à la main, la reine de la folk, sobrement vêtue d’un pantalon noir et d’un haut gris, a débuté le concert par Donna Donna, titre culte s’il en est au sein de son répertoire. À 78 ans, la chanteuse estime qu’il est tant de quitter la scène, même si sa voix reste intacte. Au pied de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste, l’icône de Woodstock interprète tour à tour ses morceaux les plus incontournables, de Diamonds in rust à Joe Hill, en passant par FarwellAngelina, composé en 1965, un an après son premier concert en France, à l’Olympia.

>> Notre reporter a filmé un moment fort du concert :

"La France va me manquer"

L’Américaine s’est également autorisée des reprises de Bob Dylan, de Leonard Cohen, de John Lennon, mais aussi, en forme de clin d’œil au public français, de Brassens. L’artiste n’a rien perdu de ses convictions. Ainsi le titre Deportee, dédié aux migrants.

Le public, conquis, s’est montré touché face à cette page de l’histoire de la musique qui se tourne. "Formidable, grandiose. Une présence, un charisme, une simplicité… J’ai presque envie de pleurer parce que je me dis que je ne la reverrai peut-être jamais", lâche, très émue, une spectatrice. "Maintenant, on peut mourir, on l’a vue !", ajoute un autre. "La France va me manquer" a pour sa part glissé Joan Baez au moment de tirer sa révérence.

Europe 1
Par Henry de Laguérie, édité par Romain David