Énora Malagré, atteinte d’endométriose : "J’ai eu la chance de pouvoir masquer ma douleur par des tonnes de maquillage"

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Invitée dans "Culture médias", l’animatrice, chroniqueuse et comédienne Énora Malagré est venue présenter son livre "Un cri du ventre" publié aux éditions Leduc. Atteinte d’endométriose, elle cherche, en publiant ce livre, à briser le tabou autour de cette maladie qui fait souffrir des millions de femmes.
INTERVIEW

Si le grand public la connaît pour son rôle d’animatrice, c’est en tant qu’auteure qu’Énora Malagré a répondu aux questions de Philippe Vandel, mardi, sur Europe 1. Dans Culture médias, l’animatrice, chroniqueuse et comédienne est venue présenter son livre intitulé Un cri du ventre, publié aux éditions Leduc. Pour la première fois, elle y détaille les symptômes et les conséquences d'une maladie encore tabou : l’endométriose.

"La première cause d’infertilité chez les femmes"

Atteinte par cette pathologie, Énora Malagré explique sans ambages en quoi l'endométriose consiste cliniquement. "Ce sont des kystes qui se trouvent dans l’utérus", décrit-elle. "On peut en avoir ailleurs que dans l’utérus comme dans la vessie et dans les pires cas, dans les poumons, dans les jambes et dans l’anus. Ces kystes causent des douleurs absolument indicibles. Et surtout, c’est la première cause d’infertilité chez les femmes", souligne-t-elle.

Comme l’actrice Laëtitia Milot et la chanteuse Imany, elles aussi atteintes d'endométriose, Énora Malagré fait partie de ces personnalités qui dévoilent au grand jour leur pathologie. "On n’en parle pas parce que tout ce qui touche au vagin, aux règles, au sang qui coule de notre vagin dégoûte", lance-t-elle. "Cette maladie n’est pas douce mais trash. On perd du sang, parfois, on a la diarrhée. Il m’a semblé qu’il était essentiel d’en parler de manière aussi crue que la maladie l’était."

Avec ce livre, la jeune femme tente de faire bouger des mentalités qui laissent peu de place à l’expression de la douleur féminine. "Il semble assez normal qu’une femme ait mal pendant ses règles et qu’elle souffre en silence. Mais nous ne sommes pas obligées d’enfanter dans la douleur et d’avoir mal à se damner quand on a ses règles", soutient Énora Malagré, qui confie avoir vécu plusieurs fausses couches à cause de cette maladie.

Serrer les dents en attendant la ménopause

Depuis son adolescence, Énora Malagré supporte donc ces douleurs, comme plus de quatre millions de femmes, soit une femme sur dix. "J’avais la chance de pouvoir masquer la douleur par des tonnes de maquillage. Certaines n’ont pas cette chance. Je serrais les dents et je parlais un peu plus fort que les autres pour faire taire la douleur qui était dans mon ventre", raconte-elle.

En raison de ces douleurs et de ces fausses couches à répétition, Énora Malagré songe désormais à subir une hystérectomie, autrement dit, une ablation de l’utérus. Un moyen peut-être pour elle de trouver la "paix psychologiquement", affirme-t-elle.

Elle souligne toutefois que "se faire retirer l’utérus n’est pas un remède à l’endométriose". "Évidemment, mes douleurs seront réduites parce que la majeure partie de mes adhérences sont dans l’utérus mais la douleur sera toujours là", présage-elle.  

Si aujourd’hui, la solution miracle n’a pas été trouvée par la médecine traditionnelle, des solutions existent, comme "la ménopause chimique ou quelques traitements", évoque Énora Malagré. "Mais malheureusement, le plus souvent, les kystes repoussent et on ne guérit pas avant la ménopause", se désole-t-elle.

Europe 1
Par Tiffany Fillon