Emmanuel Macron salue "la quête inlassable de vérité" de Pierre Péan

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Le président de la République a présenté ses "respectueuses condoléances" à la famille et aux proches du journaliste
Le président de la République a présenté ses "respectueuses condoléances" à la famille et aux proches du journaliste © Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
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Dans un message publié sur le site internet de l'Elysée, Emmanuel Macron a rendu hommage au journaliste et écrivain dont il qualifie oeuvre d'"héritage plein de leçons".

Le président Emmanuel Macron a salué vendredi soir la "quête inlassable de vérité" du journaliste-enquêteur Pierre Péan décédé jeudi et dont l'oeuvre est "un héritage plein de leçons", dans un message publié sur le site internet de l'Elysée.

"L'oeuvre de journalisme qu'il a bâtie en plus de 50 années de carrière a révélé des trésors d'informations. Elle constitue aujourd'hui un héritage plein de leçons pour les temps présents", écrit le président de la République en présentant ses "respectueuses condoléances" à la famille et aux proches du journaliste. Pierre Péan "incarnait la grande tradition du journalisme d'investigation quoiqu'il ne goûtait guère ce mot dans lequel il décelait des accents inquisitoriaux", note Emmanuel Macron.

"Farouchement libre et indépendant, rétif aux sujets en vogue et aux modes médiatiques"

Il "exerçait un journalisme aussi exigeant que patient, menait des enquêtes au long cours, craignait la servitude de la vitesse qui s'est abattue sur nos sociétés contemporaines et s'inquiétait de la dérive des temporalités médiatiques qui tendent à clouer toute information à ce qu'il avait appelé le 'pilori de l'instantané'", ajoute le président de la République. Selon lui, Pierre Péan était "farouchement libre et indépendant, rétif aux sujets en vogue et aux modes médiatiques" et "n'avait jamais peur de soulever les couvercles qui recouvrent parfois les événements du passé, la marche des Etats et la vie des puissants".

Mais, a-t-il souligné, "il avait aussi le respect du secret défense et savait que la transparence absolue pouvait devenir une tyrannie". 

Pierre Péan, enquêteur chevronné ayant pour sujets de prédilection l'Afrique, les médias et la face cachée des personnalités politiques, avec notamment le passé trouble de l'ex-président socialiste François Mitterrand pendant l'occupation nazie, est mort jeudi "des suites d'une maladie" à l'hôpital d'Argenteuil, dans le Val-d'Oise, a précisé à l'AFP son fils. Pierre Péan s'est fait connaître avec ses enquêtes fouillées au long cours, qu'il publiait à raison d'un livre tous les un ou deux ans.

Son coup de maître, il le réalise en 1994 avec "Une jeunesse française : François Mitterrand 1934-1947", dans lequel le président socialiste s'explique pour la première fois sur son appartenance à la droite pétainiste qui allait engager la France dans la collaboration avec l'occupant nazi, avant son action dans la Résistance. N'ayant jamais peur des polémiques, il enquêtera aussi sur Jacques Chirac, Bernard Kouchner ou Jean-Marie Le Pen.