Le procès de la vendetta entre héritiers du gang corse de la Brise de mer s'est ouvert

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Le procès de l'assassinat de deux membres du grand banditisme corse, en décembre 2017 à l'aéroport de Bastia-Poretta, s'est ouvert lundi devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône. Un jugement qui se tient sous fond de vendetta entre héritiers du gang de la Brise de mer. 

Le procès de l'assassinat de deux membres du grand banditisme corse, en décembre 2017 à l'aéroport de Bastia-Poretta, s'est ouvert lundi devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence, avec en toile de fond la vendetta entre héritiers du gang de la Brise de mer. Quatorze accusés sont présents, dont neuf comparaissent détenus. A l'ouverture des débats lundi après-midi, la cour a ordonné une disjonction concernant Marine Andreani, accusée de participation à une association de malfaiteurs, notamment en vue d'autres projets criminels.

Du fait d'une grossesse difficile ayant nécessité une hospitalisation début avril, ses avocats Mes Jean Boudot et Laetitia Maricourt-Balisoni ont demandé cette disjonction en raison de la durée prévue des débats. "Ce serait prendre un risque inconsidéré pour elle-même et son enfant à naître", a fait valoir Me Boudot. L'avocat général ne s'est pas opposé à ce que Marine Andreani soit jugée ultérieurement devant une cour d'assises sans jurés.

 

Un accusé toujours dans la nature 

Accusé d'être l'administrateur du réseau de téléphonie cryptée de l'équipe criminelle, Riad Belgacem pourrait être, quant à lui, jugé par défaut. Il est en fuite depuis le début de l'enquête. Dans un palais de justice sous bonne garde, le box de la cour d'assises a été agrandi pour accueillir les neuf accusés en détention, huit hommes et une femme. L'ancienne surveillante pénitentiaire de la prison de Borgo (Haute-Corse), Cathy Sénéchal, a reconnue pendant l'instruction avoir notamment renseigné les assassins sur les dates de sortie des deux victimes.

Elle a pris place à l'extrémité du box des détenus, à côté des frères Christophe et Richard Guazzelli, Ange-Marie Michelosi et Jacques Mariani qui, selon l'accusation, se seraient vengés de ceux qu'ils désignaient comme les meurtriers de leurs pères, fondateurs de la Brise de mer ou membres du banditisme insulaire. Les proches de Jean-Luc Codaccioni et Tony Quilichini, victimes de ce double assassinat, qui s'étaient constitués partie civile durant l'instruction, ne sont ni présents ni représentés. Le banc des parties civiles est occupé uniquement par Me Valérie Vincenti, qui défend un passant touché à la fesse par une balle perdue lors de la fusillade devant l'aérogare de Bastia-Poretta.

Cette victime collatérale ne se présentera pas devant la cour d'assises, a fait savoir son avocate. En raison de la durée du procès, prévue jusqu'au 5 juillet, la cour a désigné cinq jurés supplémentaires pour pouvoir remplacer l'un des six jurés titulaires en cas d'indisponibilité.