Coupe du monde : la France est-elle favorite face à la Belgique ?

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La France et la Belgique s'affrontent pour une place en finale de la Coupe du monde, mardi à 20h. © AFP / Montage Europe 1
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Français et Belges rêvent de disputer la finale de la Coupe du monde. Sauf qu'une seule de ces deux équipes sortira vainqueur de leur demi-finale. Qui est la favorite ?

LE DÉBAT

Un derby n’est jamais un match amical, encore moins quand il s’agit d’une demi-finale de Coupe du monde. La France et la Belgique, qui s’affrontent mardi, à 20h à Moscou, pour une place en finale, ne se feront pas de cadeaux. Vainqueurs de l’Uruguay en quarts (2-0), les Bleus semblent de plus en plus forts. En face, les Diables rouges, dans la lignée de leur phase de poules impressionnante, ont sorti le Brésil (2-1) sans trembler. Les deux équipes présentent d’indéniables qualités qui les rendent difficiles à départager. Alors qui de la France ou de la Belgique est favorite ? Il y a matière à débattre.

  • La France : "Les Bleus ont la maturité et l’assurance de futurs champions"

Par Clément Lesaffre, journaliste à Europe1.fr

"La seule nation qui pouvait faire douter la France dans notre partie de tableau était l’Uruguay, les Bleus de Deschamps ayant toujours été mal à l’aise face aux équipes défensives avec des blocs compacts. Mais la France a passé l’obstacle avec une maîtrise collective remarquable. En demi-finale, la Belgique offrira une toute autre opposition, mais rien d’insurmontable pour nos Bleus. Nos voisins pratiquent un football offensif, rapide : difficile à contenir, certes, mais aussi plus facile à prendre à défaut.

Il y aura des espaces dans la défense belge, c’est une certitude. Même s’ils ont perdu contre les Diables rouges en quarts, les Brésiliens ont eu nombre d’opportunités de revenir dans le match. Le 3-4-3 mis en place par Roberto Martinez se révèle très dangereux en phase offensive mais relativement poreux en défense. Kompany, de retour de blessure, n’est pas impérial, et Vertonghen et Alderweireld ont parfois été en difficulté. Quant à Thomas Meunier, qui a bien aidé à museler Neymar, il est suspendu contre les Bleus. Dommage pour lui, tant mieux pour nous.

Au-delà des potentielles faiblesses des Belges, il faut souligner les qualités des Français. Contre l’Argentine, quand ils ont été capables de renverser le match, et encore plus contre l’Uruguay, qu’ils ont étouffé, les Bleus ont dégagé une impressionnante sérénité. Après leurs déconvenues au Mondial 2014 et à l’Euro 2016, ils ont à présent la maturité et l’assurance de futurs champions. Lloris est décisif dans les buts, Varane assume son statut de patron de la défense, Pavard et Hernandez se révèlent, Kanté confirme qu’il est l’un, si ce n’est le meilleur joueur du monde à son poste, Pogba et Mbappé ont compris qu’ils doivent jouer simple pour briller et Griezmann monte en puissance. Avec eux, les Bleus peuvent rêver de soulever la Coupe du monde."

  • La Belgique : "Après leur victoire face au Brésil, plus rien n'arrêtera les Belges"

Par Margaux Lannuzel, journaliste à Europe1.fr

"Doit-on rappeler que la Belgique est le seul pays à avoir gagné tous ses matches depuis le début du Mondial ? Qu'elle possède la meilleure attaque du tournoi, avec 14 buts ? Que son trident Hazard-Lukaku-De Bruyne a atteint son rythme de croisière, profitant du moindre instant de relâche de l'adversaire ? Ces Diables rouges-là filent tout droit vers le titre de champions du monde, portés par la fameuse "génération dorée" vantée depuis l'Euro 2016. À l'époque, la désillusion avait été lourde pour les Belges, éliminés par un étonnant Pays de Galles dès les quarts de finale. Mais en Russie, tout est différent.

Face au Brésil, nos voisins ont disputé leur match fondateur. Après une "remontada" d'anthologie face au Japon (2-0 puis 3-2, preuve s'il en est que les Bleus seront menacés jusqu'à la dernière minute mardi soir), les Diables rouges ont éliminé ni plus ni moins que le favori de la compétition : la Seleção. Certes, Marcelo et ses coéquipiers n'ont pas livré le match de leur vie à Kazan. Mais lorsque le Brésil s'est réveillé en deuxième période, les Belges n'ont pas tremblé. À une petite exception près, l'immense Thibaut Courtois a tout arrêté, y compris l'ultime frappe enroulée de Neymar, que toute la planète, devant sa télé, voyait finir au fond…

Avant ça, le trio offensif avait donné le ton. Hazard, l'ailier capable de déséquilibrer tous les adversaires, Lukaku, le puissant pivot, et De Bruyne, le tireur lointain, s'adaptent à tous leurs adversaires. Face à la Seleção, les deux premiers ont occupé chacun un flanc du terrain pour trouver la faille. Et contre la France ? Nul doute que Roberto Martinez sortira de son chapeau une tactique capable de faire la différence. Après leur victoire face au Brésil, plus rien n'arrêtera les Belges."