Sécurité : ce qui change pour un candidat à l'instant où il est élu président

  • A
  • A
Sécurité : ce qui change pour un candidat à l'instant où il est élu président
Le GSPR est spécialement dédié à la protection du locataire de l'Elysée et de ses proches. @ AFP
Partagez sur :

Dès l'annonce des résultats et avant même son investiture, le vainqueur de l'élection présidentielle voit sa sécurité renforcée et passe sous la protection d'un groupement spécialisé.

Depuis quelques mois, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ne se déplacent plus seuls. En plus de leurs bras droits politiques, les finalistes de l'élection présidentielle sont, comme l'étaient leurs adversaires éliminés jusqu'au premier tour, sous la protection de plusieurs officiers du SDLP, le service de la protection : environ cinq agents jusqu'au 23 avril, quelques uns de plus depuis que les prétendants à l'Elysée ne sont plus que deux. À ce dispositif viennent s'ajouter, pour les deux candidats, des sociétés de sécurité privées payées par leurs mouvements politiques, ainsi que des moyens temporaires alloués par les préfectures au gré des événements. Quelques jours après le premier tour, des tireurs d'élite du Raid avaient par ailleurs été dépêchés à un meeting montpelliérain de François Fillon, alors que planait la menace de deux individus radicalisés susceptibles de viser le candidat LR, depuis interpellés à Marseille.


Un groupe spécial chargé de la sécurité du président. Un dispositif contraignant ? Oui, aux yeux d'un citoyen lambda. Mais beaucoup moins pour un président de la République. Dès la confirmation des premiers résultats, avant même leur annonce officielle, le vainqueur du scrutin passera, dimanche soir, sous la protection du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR).

Fondé en 1983 pour assurer la sécurité de François Mitterrand, l'organisme veille sur le chef de l'État, mais aussi sa famille et certaines personnalités, comme d'anciens présidents, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Avant la création du groupe, un dispositif de sécurité dédié protégeait déjà les occupants de l'Elysée. Mais celui-ci était relativement léger : il permettait par exemple à Valéry Giscard-d'Estaing de conduire sa propre voiture sur l'autoroute, sans garde du corps, sous l'oeil des caméras.

Des évolutions au fil de la Vème république. Dans les années 1980, le GSPR est exclusivement composé de gendarmes. Lors de son premier mandat, en 1995, Jacques Chirac décide de modifier sa composition, mixant policiers et militaires. En 2002, le groupement s'étoffe largement après la tentative d'assassinat du chef de l'Etat sur les Champs-Elysées, en plein défilé du 14-Juillet. Cinq ans plus tard, le GSPR est composé de trente policiers et trente gendarmes.

À son arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy le réforme à nouveau, pour qu'il ne soit plus composé que de policiers, issus du Raid et du service de protection des hautes personnalités (SPHP)... Avant que François Hollande ne décide d'intégrer à nouveau vingt gendarmes émanant du GIGN. C'est de cette configuration, spécialement rodée depuis les attentats de 2015, qu'héritera le président élu dimanche.


En 2012, l'irruption du GSPR à Tulle

Cette année, le GSPR retrouvera forcément le futur président à Paris, où les deux candidats ont l'intention de passer la soirée électorale. Mais en 2012, François Hollande se trouvait dans son fief électoral de Tulle, en Corrèze. "J'attendais devant la porte de son bureau au Conseil général", se souvient David Doukhan, rédacteur en chef adjoint du service politique d'Europe 1, alors reporter à France 2. "Avant le second tour, les effectifs de police autour des candidats avaient doublé. Comme on suivait les candidats partout, on finissait par connaître les policiers, on discutait." Aux alentours de 18 heures, ce 6 mai, les premières tendances donnent François Hollande vainqueur. "Par la fenêtre, je vois apparaître des dizaines d'hommes en armes dans la cour du Conseil général. Des équipes cynophiles, des gilets pare-balles, des armes automatiques, tout", raconte David Doukhan. "Sur leurs vestes, ce n'étaient plus les mêmes badges. Pas besoin d'attendre 20 heures : le ministère de l'Intérieur venait de donner l'ordre de protéger le prochain président."