Voiture autonome : quelle priorité définir par avance en cas de danger mortel ?

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Qui doit-on privilégier entre le piéton qui surgit sur la route et le passager d'une voiture autonome ? La question a été posée dans une grande étude internationale et les résultats différent en fonction des pays et notamment en France qui fait cavalier seul en Europe.

Qui du piéton ou de l'animal une voiture autonome doit-elle percuter si elle n'a pas d'autre choix ? C’est un casse-tête juridique et éthique que les chercheurs vont devoir résoudre. Une grande enquête internationale, Moral Machine,  publiée dans la revue scientifique Nature, a étudié les millions de scénarios proposés par les internautes interrogés.

Quel comportement dans une situation d'urgence ? La voiture autonome, qui se conduit toute seule, va devoir prendre des décisions relevant d'un scénario d'urgence. Par exemple, elle se retrouve face à un piéton qu'elle ne peut l'éviter alors qu'un passager est à son bord et qu'il risque lui aussi des dommages dans le cas d'une collision ou d'une embardée pour épargner le piéton. Quel programme entrer dans ce véhicule pour répondre au mieux à ce dilemme ? 

Trois priorités se dégagent de l'étude. Dans le cadre de l'étude Moral Machine, 40 millions de réponses ont été données face à des situations similaires. Le directeur de recherche au CNRS, Jean-François Bonnefon, explique au micro d'Europe 1 dimanche, les préférences qui se sont dégagées. "Il y a trois grandes priorités à l'échelle mondiale : il faut sauver les humains plutôt que les animaux, il faut essayer de sauver le plus grand nombre de personnes possible et il faut sauver en priorité les enfants."

Du "sexisme bienveillant" en France ? Parmi les réponses fournies par les habitants des 233 pays consultés, l'un d'entre eux a défini des priorités légèrement différentes. "Dans nos données, la France est très différente de tous les pays d'Europe et se rapproche plus de l'Amérique du Sud. Par exemple, elle a une préférence pour sauver les femmes. On parle de 'sexisme bienveillant', les femmes et les enfants d'abord, qu'il y aurait peut-être plus en France."

Des priorités à définir dans la loi. C’est désormais aux législateurs de tous les pays d’utiliser les résultats de cette étude pour définir par la loi, le comportement des voitures autonomes qui seront sur nos routes dans quelques années.

Europe 1
Par François Geffrier, édité par Marthe Ronteix