Pourquoi le télescope spatial James Webb devrait bouleverser notre connaissance de l'univers

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télescope James Webb Chris GUNN / NASA / AFP 1:21
Le télescope James Webb en test en Californie, en mai 2021. © Chris GUNN / NASA / AFP
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James Webb, le plus grand télescope jamais mis en orbite, sera lancé depuis Kourou, en Guyane, à la fin de l'année 2021. Il permettra d'observer l'univers lointain avec une précision inégalée avec pour objectif d'en savoir plus sur les galaxies, les planètes, les étoiles et leur formation.
DÉCRYPTAGE

C'est une machine à remonter le temps qui devrait bousculer notre connaissance de l'univers. James Webb, le plus grand télescope jamais envoyé dans l'espace, pourra observer le cosmos lointain avec sa vision infrarouge, là où se sont formées les premières galaxies il y a 13 milliards d'années. Equipé d'un immense miroir doré, le télescope pourra analyser la lumière émise juste après le Big Bang.

Une prouesse technologique de la "taille d'un terrain de tennis"

Ce télescope aurait dû être lancé il y a une quinzaine d'années, mais il est tellement complexe qu'il y a eu des retards dans la fabrication. "On ne réalise sa taille que le jour où on se trouve à côté, qu'on le voit pour de vrai. Parce qu'on n'a pas l'habitude d'un satellite qui soit aussi gros : son pare-soleil a la taille d'un terrain de tennis. Et on va envoyer tout ça dans l'espace !" décrit Pierre Ferruit, de l'agence spatiale européenne (partenaire du projet avec la NASA et l'agence spatiale canadienne), qui parle d'une prouesse technologique.

Au moins dix ans de recherches par vision infrarouge

Le télescope sera envoyé plié dans l'espace et mettra ensuite trois semaines à se déployer intégralement. Il sera mis en orbite d'ici la fin de l'année autour du Soleil, à 1,5 million de kilomètres de la Terre et fonctionnera pendant au moins 10 ans.

Il succèdera au télescope Hubble, opérationnel depuis 1990, qui nous fournissait déjà des clichés à couper le souffle, mais qui avait une limite : il n'allait pas au-delà de l’infrarouge proche, tandis que James Webb effectuera ses observations de l'orange du spectre visible à l'infrarouge moyen (de 0,6 à 28 micromètres contre une limite de 2,5 pour Hubble). 

Les quatre objectifs principaux de James Webb

  • La recherche de la lumière des premières étoiles et galaxies qui sont apparues dans l'univers après le Big Bang
  • L'étude de la formation des galaxies et leur évolution, en comparant "les galaxies les plus ténues et les plus anciennes aux grandes spirales et elliptiques d'aujourd'hui, nous aidant ainsi à comprendre comment les galaxies s'assemblent au fil des milliards d'années", précise le site.
  • La compréhension des mécanismes de formation des étoiles : le télescope sera capable de "voir à travers et dans les nuages massifs de poussière qui sont opaques aux observatoires à lumière visible comme Hubble, là où les étoiles et les systèmes planétaires naissent".
  • L'étude des systèmes planétaires et de la formation de la vie. "Peut-être même trouvera-t-il les éléments constitutifs de la vie ailleurs dans l'univers. En plus des autres systèmes planétaires, Webb étudiera également les objets de notre propre système solaire", peut-on lire sur le site de James Webb.

Europe 1
Par Laure Dautriche, édité par Séverine Mermilliod