Il y a treize ans, Apple présentait le tout premier iPhone

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Alors qu'Apple a présenté mardi soir l'iPhone 12, retour, en archives, sur le tout premier téléphone de la marque à la pomme. Sorti en 2007, l'iPhone avait révolutionné les mobiles, ouvrant l'ère des smartphones et bousculant nos habitudes. Un coup de génie de Steve Jobs qui influence encore les téléphones qui sortent 13 ans plus tard.
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C'est "showtime" pour Apple ! Le géant californien a présenté mardi sa nouvelle génération de téléphones, l'iPhone 12. La marque à la pomme est depuis longtemps une référence dans le monde des smartphones, tant en matière de design que de performances (à condition d'y mettre le prix). Cette année, Apple va commercialiser son premier modèle compatible avec la 5G, le nouveau réseau de données mobiles déployé à la fin de l'année en France. L'aboutissement de treize ans d'innovation depuis la sortie du tout premier iPhone en 2007. Retour, avec les archives d'Europe 1, sur ce moment marquant de l'histoire des nouvelles technologies.

L'iPhone, la "révolution" de Steve Jobs

Alors que le débat sur la 5G fait rage en France ces derniers temps, il faut se souvenir qu'en 2007, le monde était encore connecté en 2G. À l’époque, le nec plus ultra, c’était les Blackberry, les téléphones à clapet, et on n’était pas si loin des Nokia 3310. Le tactile faisait ses débuts, poussifs, sur les écrans. Mais ça, c’était avant. Avant le 9 janvier 2007. Ce jour-là, Apple a convoqué la presse et les technophiles du monde entier à San Francisco. En ce temps-là, la marque à la pomme était connue pour un ordinateur, le Mac, et un baladeur audio, l’iPod.

Mais tout a changé quand Steve Jobs, l’iconique patron de l’entreprise, est monté sur scène pour une conférence dont lui seul avait le secret. "Aujourd'hui, Apple va réinventer le téléphone", promet-il d'emblée devant un public acquis à sa cause. Pull col roulé noir, jean informe, baskets usées : dans son look devenu emblématique, Steve Jobs fait durer le suspense quelques minutes avant de présenter sa "révolution". "Nous allons présenter trois produits innovants : un iPod avec grand écran tactile, un téléphone révolutionnaire et un communicateur Internet de pointe", commence Steve Jobs, avant de révéler l'astuce : "Il n'y a pas trois appareils mais un seul. Et nous l'appelons iPhone".

Un public "sous le choc"

Le public découvre un téléphone rectangulaire, d'un seul bloc et tenant dans la main (10 centimètres de haut sur 6 de large), avec un écran tactile occupant 75% de la place à l'avant et un appareil photo au dos. À l'intérieur, en plus de la fonction téléphone, l'iPhone permet d'écouter sa musique sur iTunes, de naviguer sur Internet grâce à Safari et de télécharger des applications via l'App Store. Tout l'écosystème Apple est contenu dans un unique appareil à glisser dans sa poche.

Ce 9 janvier 2007, à San Francisco, dans le public, il y a Eli Abidbol, un revendeur Apple agréé. Il est venu de Nice pour découvrir l’iPhone en live et il est sous le charme. "C'est hallucinant, on a vu des choses incroyables !", s'enthousiasme-t-il au micro d'Europe 1. "On a l'habitude de voir des choses sympa chez Apple mais là je crois que c'est leur plus beau lancement de produit. On est sous le choc, on attend de voir le téléphone et surtout de pouvoir en avoir un."

Un téléphone novateur devenu la norme

L'accueil réservé à l'iPhone à l'époque est un mélange de fascination et d'excitation. Tout le monde voulait essayer cet appareil utilisable avec un seul doigt. Rétrospectivement, ça nous paraît enfantin. Mais à l’époque, ça suscitait pas mal d’interrogations, même chez les professionnels. Didier Lombard, par exemple, le patron de France Telecom à l'époque, était l’invité de Jean-Pierre Elkabbach juste avant le lancement en France en novembre. Ensemble, ils tentaient de cerner cet iPhone. "On tourne les pages comme dans un livre ?", demandait l'intervieweur d'Europe 1. "Exactement. Et après, c'est la caverne d'Ali Baba : on appuie sur un carré et ça ouvre un des menus", tâtonnait Didier Lombard.

Didier Lombard (à droite), patron de France Telecom, lors de la sortie de l'iPhone en France, en novembre 2007.

13 ans et 25 modèles plus tard, l’iPhone est toujours une référence. Mais il n’est plus le seul téléphone à faire rêver les gens. Samsung, LG, Sony, Huawei… Tous les fabricants s’y sont mis, avec plus ou moins de réussite. Une offre abondante qui fait qu’aujourd’hui, les trois quarts des Français ont un smartphone dans leur poche. Dans ce paysage surchargé, l'iPhone s'affiche comme un modèle très haut de gamme (même si des modèles moins chers, comme le SE, existent). Un moyen pour Apple de nager au-dessus de la mêlée des concurrents qui visent le milieu de gamme, à l'image de la vague des nouveaux fabricants chinois : Oppo, Xiaomi, OnePlus, etc.

Le téléphone pliable, l'avenir du smartphone ?

Pour autant, on sent bien qu’on approche de la fin du cycle impulsé par l’iPhone. Après des années de peaufinage et d’améliorations, le smartphone tel qu’on le connaît a atteint son plein potentiel. C’est un outil professionnel, un écran pour regarder des séries, une mini console de jeux vidéo, un appareil photo ultra-sophistiqué… Mais il n'y a plus guère de "révolution" à la Steve Jobs. Alors, les fabricants tentent d’inventer le smartphone du futur. Et ce sera peut-être un téléphone pliable, avec un écran souple. Les modèles arrivent au compte-goutte depuis un an.

Le Samsung Galaxy Fold est un des premiers téléphones pliables commercialisés, en 2019.

"La demande des consommateurs est la même depuis maintenant près de dix ans : avoir des écrans toujours plus grands pour fluidifier sa consommation de contenus", affirmait en février à Europe 1 Guillaume Berlemont, directeur marketing de Samsung France. "On estime que, d'ici cinq ans, plus de 80% des smartphones dans le monde seront des modèles qui se plient." Rendez-vous, donc, en 2025 pour voir quel sera le successeur de l’iPhone comme nouvelle "révolution du téléphone".