VIDEO - Italie : des cris de singe adressés à Blaise Matuidi lors de Cagliari-Juventus

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Blaise Matuidi a dénoncé les cris racistes qui ont retenti à son encontre et celle de l'un de ses coéquipiers.
Blaise Matuidi a dénoncé les cris racistes qui ont retenti à son encontre et celle de l'un de ses coéquipiers. © MARCO BERTORELLO / AFP
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Le Français Blaise Matuidi et son coéquipier de la Juventus Turin Moise Kean, ont fait l'objet de cris de singe de la part de supporters de Cagliari pendant leur rencontre mardi soir.

Le match de championnat d'Italie entre Cagliari et la Juventus Turin a été marqué mardi par de nouveaux incidents racistes. Des cris de singe visant le milieu de terrain français de la Juventus Blaise Matuidi et son coéquipier Moise Kean ont retenti.

Des cris de singe qui ont indigné Matuidi

Pendant le match, Matuidi, Kean et le latéral Alex Sandro ont été visés par quelques cris de singe. Après le but du 2-0 inscrit par Kean, ces cris ont redoublé d'intensité. Selon les images de la télévision italienne Sky, Kean a fêté son but immobile et bras écartés devant un virage du stade de Cagliari. Il a ensuite été encadré par ses équipiers et ramené vers le centre du terrain.

Dans le même temps, on a pu voir Blaise Matuidi très énervé, discuter avec son entraîneur Massimiliano Allegri et faire de grands gestes vers le même virage. Il a ensuite discuté quelques instants avec l'arbitre. Le match a été interrompu brièvement et le speaker du stade a diffusé un message invitant les spectateurs à cesser ces cris.

Kean aurait fait une erreur en célébrant son but face au virage

La polémique s'est poursuivie après le match, autour de propos de Leonardo Bonucci, coéquipier de Kean et Matuidi et auteur du premier but du match. "Kean sait que quand il marque, il devrait fêter ça avec ses équipiers. Il sait qu'il aurait pu faire quelque chose de différent", a-t-il dit. "Il y a eu des cris racistes après le but. Blaise les a entendus et était en colère. Je pense que la faute est partagée à 50-50. Moise n'aurait pas dû faire ça et le virage n'aurait pas dû réagir comme ça", a-t-il ajouté. 

De son côté, le président de Cagliari Tommaso Giulini a assuré que si "c'était Bernardeschi [un joueur italien de la Juventus] qui avait fait ce qu'a fait Kean, la réaction aurait été la même". "Personne n'a rien entendu jusqu'au but. Kean a fait une erreur, il a 19 ans, ça se comprend", a-t-il ajouté, disant avoir "surtout entendu des sifflets". "Il y a un moralisme et une dérive qui me déplaît. Ce club a toujours été exemplaire et a toujours dénoncé tout comportement raciste. S'il y a eu des cris racistes, ceux qui les ont lancés ont commis une erreur", a-t-il encore déclaré.

Matuidi a déjà fait l'objet de cris racistes en Italie

La saison dernière, Matuidi avait déjà fait l'objet de chants racistes lors du déplacement de la Juventus à Cagliari en janvier 2018. Le club sarde lui avait présenté des excuses, sans toutefois être sanctionné, en raison du manque de preuves. Mardi après le match, Matuidi a tweeté une photo de Kean avec ce message "Bianco+Neri #Notoracism".

Soutien aux deux joueurs

L'agent Mino Raiola a pris mercredi la défense de Blaise Matuidi et Moise Kean et a appelé les instances italiennes au "courage" et à la sévérité. "Je suis aux côtés de Blaise et de Kean. Le racisme est pour moi synonyme d'ignorance. Personne ne peut et ne devrait le justifier", a déclaré Raiola. "Je suis fier de mes garçons et je serai avec eux jusqu'au bout", a ajouté Raiola, qui gère les intérêts de très nombreux footballeurs de haut niveau, parmi lesquels Matuidi et Kean, mais aussi Zlatan Ibrahimovic ou Mario Balotelli.

Noël Le Graët, président de la Fédération française de football, a lui aussi dénoncé mercredi les "insultes racistes" ayant visé Blaise Matuidi et Moise Kean. "Au nom de la FFF, des principes que défend et porte notre football, je tiens à exprimer mon soutien et mon amitié à Blaise Matuidi et Moise Kean qui ont été victimes de ces propos intolérables", a indiqué le patron de la FFF. "Par son histoire, sa culture, son universalité, le football est le contraire du racisme, de toutes les formes de discrimination", a-t-il encore écrit.