Un cadre de la FFF accusé de harcèlement sexuel par une ex-salariée

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Dans une enquête interne, la FFF a estimé que "les faits de harcèlement sexuel ou d'agression sexuelle n'étaient pas caractérisés".
Dans une enquête interne, la FFF a estimé que "les faits de harcèlement sexuel ou d'agression sexuelle n'étaient pas caractérisés". © Philippe LOPEZ / AFP
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Stagiaire à la Fédération française de football, puis embauchée en CDD jusqu'en novembre dernier, une jeune femme accuse un directeur financier de harcèlement "continu" et de "deux tentatives d'agression sexuelle".

Une ex-salariée de la Fédération française de football (FFF) accuse un directeur financier de harcèlement et tentatives d'agression sexuelle, des accusations contestées par une enquête interne de la FFF, également mise en cause aux prud'hommes, a-t-on appris jeudi.

Il aurait tenté de l'embrasser à deux reprises. Stagiaire, puis embauchée en CDD jusqu'en novembre dernier, la jeune femme a déposé plainte auprès de la police judiciaire de Paris pour "des faits de harcèlement sexuel continu" et pour "deux tentatives d'agression sexuelle", expose à l'AFP son avocate, Agnès Lowenstein. Le cadre, qui n'a pas encore été convoqué selon son entourage, aurait tenté de l'embrasser sans son consentement lors d'un pot au siège de la FFF en décembre 2017, puis lors d'une soirée en juin 2018 pendant le Mondial en Russie.

Les faits "pas caractérisés", selon une enquête interne. La Fédération "a immédiatement réagi en menant une enquête interne, sérieuse et objective", avec notamment l'audition d'une vingtaine d'employés, répond son avocat, Florent Dousset. Une fois celle-ci terminée, "la FFF a estimé que les faits de harcèlement sexuel ou d'agression sexuelle n'étaient pas caractérisés". Cependant, ajoute Me Dousset, l'intéressé a "pu tenir des propos inadaptés dans sa communication avec les salariés, conduisant la Fédération à le rappeler fermement à l'ordre".

L'avocate de la plaignante pas convaincue. Ces explications n'ont pas convaincu l'avocate de la plaignante. "Si effectivement il n'y a rien dans cette enquête, pourquoi ne pas nous l'envoyer ? C'est bien que ce n'est pas si simple que ça", dit Me Lowenstein. Les deux parties s'opposent également sur les conclusions de l'inspection du travail, défavorables au dirigeant mais "fermement contestées" par la Fédération.

Les prud'hommes également saisis. L'ex-salariée a parallèlement saisi le Conseil des prud'hommes de Paris, estimant avoir été "évincée" de son poste. "Il était prévu qu'elle ait un CDI", affirme son avocate. "Le contrat de travail de l'auteur de la dénonciation a pris fin normalement à son terme", se défend le conseil de la FFF, lequel refusera toute conciliation devant la juridiction prud'homale.