Rugby : Mohed Altrad pointe du doigt "le problème de la formation dans le pays"

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Le milliardaire est le nouveau sponsor de l'équipe de France de rugby. Avec un but : améliorer la formation des jeunes grâce à plus de moyens.
INTERVIEW

Nouveau sponsor de l'équipe de France de rugby et président du Montpellier Hérault Rugby, le milliardaire Mohed Altrad dénonce "le problème de la formation dans le pays" de l'ovalie. Rare dans les médias, l'homme d'affaires a réagi dimanche sur Europe 1, en expliquant que c'était pour améliorer la situation à moyen terme qu'il avait souhaité investir.

"Insuffisance". Le problème vient en partie, selon lui, d'une obsession sur le haut niveau. "Vous avez un iceberg qui sort du lot et qui s’appelle le Top 14 et ça capte l’attention de tout le monde. Or, 1.881 clubs amateurs forment tous les jours 350.000 licenciés", explique-t-il, avant de donner l’exemple du club de son fils qui ne dispose même pas de 1.000 euros de budget par mois. "C’est ça l’insuffisance. Le rôle que je souhaite jouer en tant que nouveau sponsor de l’équipe de France, c’est que l’intégralité de la dotation de sponsoring aille à ces clubs."

"Un côté patriote". Son investissement global pour le XV de France s'élève entre 6 et 7 millions d’euros par an. "J’aurais pu utiliser cet argent pour faire de la publicité, j’ai préféré le consacrer à l’équipe de France et à la formation des jeunes dans le pays. Il y a un côté patriote. Mon histoire m’incite à aller dans ce sens-là. Il faut que je gagne ma place dans ce pays en tant qu’immigré arrivé depuis pas mal d’années. Il faut beaucoup de temps et beaucoup de méthodes. Sauf que les méthodes, je ne les vois pas aujourd’hui (...). Là, j’ai l’impression que la situation est désespérée parce que l’on n'a plus confiance en nos moyens. Dans un an, dans deux ans, on va y arriver", rassure-t-il. "Il n’y a pas de raison que les autres nations y arrivent et nous non. Par le passé, on a été la troisième nation mondiale et on a été vice-champion du monde", rappelle-t-il.

Pas de Coupe du monde en 2019 pour la France, "hélas". Dans ce contexte, concernant la Coupe du monde de rugby au Japon en fin d'année 2019, ce sera sans doute trop tôt pour retrouver les sommets. Il ne voit pas, "hélas", la France gagnante. "Si elle passe le premier tour, si elle termine en quarts de finale, en demi-finale, ce serait magnifique", conclut-il.