"Mon moteur, c'est une revanche contre la vie" : les confidences de Mohed Altrad sur Europe 1

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Arrivé en France à 17 ans avec l'équivalent de 200 francs, Mohed Altrad fait aujourd'hui partie des plus grandes fortunes de France. Mercredi, il a évoqué son incroyable parcours au micro de Raphaëlle Duchemin, sur Europe 1. 

INTERVIEW

On le connaît comme patron d'un leader mondial de services industriels, propriétaire du club de rugby de Montpellier, ou potentiel candidat aux prochaines élections municipales dans la ville de l'Hérault. Mais derrière le succès de Mohed Altrad, né en Syrie dans les années 1950, se cache un douloureux parcours de vie qu'il a accepté de raconter à Raphaëlle Duchemin, mercredi midi sur Europe 1. 

"Je n'ai pas connu ma mère". "Je suis né d'un viol", confie Mohed Altrad, qui ne connaît pas sa date de naissance précise. "Je n'ai pas connu ma mère, ou pratiquement pas, c'est ma grand-mère qui m'a élevé", souffle-t-il. "Ma mère a été violée deux fois : une première fois pour donner naissance à mon frère aîné, que mon père a gardé et qu'il a tué en le maltraitant. Moi j'ai eu de la chance, d'une certaine façon : il ne voulait pas de moi. C'est ce décalage entre un point extrêmement bas et le point qui est le mien aujourd'hui qui est intéressant à voir."

Arrivé en France à 17 ans, avec 200 francs en poche, Mohed Altrad a appris le français à la fac de Montpellier avant de se lancer dans l’informatique. "C'était la période du minitel, en 1983-84. J'étais parmi ceux qui ont créé les premiers ordinateurs portables", raconte-t-il. "On achetait des boutons dans le commerce, on câblait ça, on faisait un clavier. Ensuite on prenait des écrans de télévision longs, larges et profonds, pour afficher les caractères. C'est comme ça qu'on a fait un des premiers ordinateurs."

"Ça n'a jamais été mon moteur, l'argent". En vacances à Florensac, près de Béziers, l'entrepreneur opère alors un revirement total en 1985. "Il y a un gars qui vient me voir et qui me dit : 'est-ce que ça t'intéresse de reprendre une entreprise d'échafaudages, en faillite ?'. En tant qu'étranger, c'était la première fois que j'entendais le mot échafaudage. Il me dit que ce sont des tubes qu'on déboîte, qu'on emboîte." Sans aucune expertise, le jeune homme décide de racheter les actifs de l'entreprise. "Dans la vie, on ne peut rien faire en terme de construction sans échafaudage", sourit-il. "Aujourd'hui, Altrad emploie 42.000 personnes dans le monde. (...) En 32 ans, l'entreprise n'a jamais perdu d'argent." 

Pourtant, le succès sur un plan financier n'est pas l'objectif principal de l'entrepreneur, assure-t-il. "Ça n'a jamais été mon moteur, l'argent. (...) Le moteur principal en ce qui me concerne, c'est une revanche, pas contre les hommes, mais contre la vie."