Qualifications Euro 2020 : Konya, improbable traquenard pour les Bleus ?

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L'habituel stade du Konyaspor accueillera le choc entre la Turquie et la France, samedi soir.
L'habituel stade du Konyaspor accueillera le choc entre la Turquie et la France, samedi soir. © Jean-François PÉRÈS/Europe 1
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Drôle d’endroit pour une (cruciale) rencontre. Pour leur troisième match dans le Groupe H des éliminatoires de l’Euro 2020, sans doute le plus important depuis la victoire en Coupe du monde, les Bleus se déplacent en Turquie ce samedi (20h45). À Istanbul ? Ankara ? Non, à Konya, cité isolée en plein centre du pays… Explications.
REPORTAGE

Le choc du groupe H des éliminatoires de l'Euro 2020 entre la Turquie et la France n'aura pas lieu ni dans la plus grande ville du pays, Istanbul, ni dans la capitale, Ankara, mais à Konya, dans le centre du pays. Konya, tout sauf un digestif pour les champions du monde. "On s’attend à une ambiance assez hostile", anticipe d'ailleurs le capitaine des Bleus, Hugo Lloris.

Pourtant, à première vue, rien ne laisse transparaître une quelconque agressivité. Même si elle est la plus grande ville turque en superficie, Konya et son million d’habitants semblent bien paisibles comparés à la mégapole stambouliote. Perchée à plus de 1.000 mètres d’altitude, ses avenues sont larges, son trafic fluide, ses habitants placides et accueillants. Alors ?  

Depuis quelque temps, la fédération turque de football préfère délocaliser les rencontres de l’équipe nationale. En Turquie, la rivalité entre clubs éclipse à peu près tout le reste et alimente des débats sans fin sur les nombreuses chaînes sportives.

Quand ils évoluent à Istanbul sous le maillot rouge et blanc de l'équipe nationale, les joueurs restent aux yeux des bouillants supporters des représentants de Galatasaray, Fenerbahçe ou Besiktas. Une mauvaise passe, un tir raté, et les sifflets dégringolent des tribunes contre ceux qui ne sont pas de la "maison". Cette atmosphère parfois pénalisante a pu coûter cher à une sélection qui n’a plus goûté les délices d’une phase finale internationale depuis plus de dix ans. Impensable pour une nation qui faisait partie des meilleures au monde dans les années 2000, avec un podium à la Coupe du monde 2002 et une demi-finale à l’Euro 2008 !

Un stade tout en rouge

Pour conjurer le mauvais sort, la fédération a eu deux idées : changer de sélectionneur… et changer d’air. Exit le prestigieux Roumain Mircea Lucescu, ex-coach de Galatasaray et Besiktas. Place au revenant et sauveur Senol Gunes, l’homme de la glorieuse campagne asiatique de 2002. Et donc direction Konya, dans un stade 100% acquis à l’équipe nationale, quelle que soit l’obédience de ses représentants. "L’ambiance sera bouillante", confirme Lucescu. "Les Français ne doivent pas s’attendre à passer une bonne soirée !".

Stade de Konyaspor

Photo : Jean-François PÉRÈS/Europe 1

Pour l’occasion, le superbe stade vert et blanc de l’équipe locale Konyaspor, 8ème du dernier championnat, la Süper Lig, s’est drapé de rouge, et 40.000 supporters sont attendus ce samedi soir, habillés aux couleurs nationales.

Arrivés vendredi après-midi sous un temps chaud (30°C) et humide, les Bleus ont d’ailleurs rapidement fait connaissance avec ce "volcan" improbable, posé à la sortie de Konya, non loin des majestueuses montagnes pelées de la Cappadoce. Quelques rares poignées de supporters avaient fait le déplacement en ces jours festifs de fin de ramadan.

Pendant les quinze minutes d’entraînement ouvert, les journalistes turcs, accourus par dizaines, n’ont eu d’yeux que pour Mbappé, Griezmann et Pogba. Samedi soir, dans ce sommet du groupe H, ils croiseront les doigts pour que leur équipe, qui reste sur quatre victoires d'affilée - une performance vu le contexte - en signe une cinquième. En tentant d’oublier que la Turquie n’a jamais battu la France en quatre matches officiels…    

Europe 1
Par Jean-François Pérès, à Konya