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«On va gagner 5-4» : quand Rolland Courbis, coach de l'OM, annonçait la folle remontée de son équipe menée 4-0

Philippe Folgado . 3 min
Rolland Courbis, coach de l'OM, le soir de la victoire contre Montpellier (5-4), au Stade Vélodrome, avec Christophe Dugarry
Rolland Courbis, coach de l'OM, le soir de la victoire contre Montpellier (5-4), le 22 août 1998 au Stade Vélodrome, avec Christophe Dugarry en arrière-plan © BORIS HORVAT / AFP

Rolland Courbis n'est plus. L'ancien entraîneur de l'Olympique de Marseille est mort ce lundi 12 janvier, à l'âge de 72 ans. Si on se souvient de sa voix, de son charisme, les supporters du club de la cité phocéennne se rappellent d'une rencontre entrée dans la légende, un soir de 1998, contre le Montpellier de Jean-Louis Gasset.

Il y a des matchs que les supporters n'oublient pas. Pour les supporters de l'Olympique de Marseille, la première rencontre qui leur vient en tête est forcément la victoire contre l'AC Milan en finale de la Ligue des champions, en 1993. Mais cinq ans plus tard, Rolland Courbis est à la tête du club marseillais le soir d'un certain OM-Montpellier légendaire, le 22 août 1998. 

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Une première mi-temps cauchemardesque pour l'OM

Nous sommes au stade Vélodrome, à Marseille, pour le compte de la troisième journée du championnat de France de Ligue 1 de la saison 1998-1999. L'OM de Rolland Courbis rencontre le Montpellier de Jean-Louis Gasset, décédé le 26 décembre dernier. Le Vélodrome est plein à craquer et les supporters donnent de la voix pour encourager les Marseillais. 

Pourtant, la rencontre débute très mal pour les hommes de Rolland Courbis. Dès la 14e minute de jeu, sur une passe lumineuse de Gravelaine qui lobe la défense marseillaise, Bakayoko dans la surface ouvre le score. Moins de quatre minutes plus tard, Laurent Robert réceptionne un super ballon en profondeur et fixe le gardien olympien, 0-2 pour Montpellier. 

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Le calvaire continue pour l'Olympique de Marseille. Sur un coup franc excentré sur la gauche, Franck Sauzée décoche une frappe qui surprend le gardien marseillais, Stéphane Porato (0-3, 23e). Sur une interception, Silvestre transmet le ballon à Gravelaine qui lance en profondeur Bakayoko. Ce dernier ne tremble pas et signe le doublé. Montpellier retourne aux vestiaires en menant 4-0. 

"Ça c'est des cou*lles" 

Au retour des vestiaires, les hommes de Jean-Louis Gasset sont confiants. Se dirigeant vers son banc, Rolland Courbis croise le président du Montpellier Hérault Sport Club de l'époque, Louis Nicollin, et lui glisse cette phrase : "Quand je pense qu'on va gagner 5 à 4 !". Surpris, Nicollin répondra avec le sourire : "Ça c'est des cou*lles !". "Je le pense. Sinon je reste aux vestiaires", ajoutera l'entraîneur marseillais. 

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Et il avait raison d'y croire. La révolte de ses joueurs démarre à la 61e minute de jeu. Laurent Blanc lance Christophe Dugarry sur le côté droit qui centre. Florian Maurice place une tête parfaite. Après une passe décisive, Dugarry se mue en buteur en réceptionnant le coup franc de Pirès de la tête (2-4, 64e). Les supporters de l'OM comprennent que le comeback est possible.

 Les joueurs y croient également. À la 71e, Dugarry, encore lui, permet à Marseille de revenir à 3-4 en marquant de la tête sur corner. Les Marseillais poussent et Éric Roy trouve le chemin des filets à la 84e et permet à l'OM d'égaliser. Le match est fou. Il le devient encore plus quand Robert Pirès est fauché dans la surface à la 91e. Laurent Blanc se charge du penalty et permet à l'OM de l'emporter 5-4 dans une ambiance spectaculaire. 

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"Évidemment, j'y pense réellement la moitié d'une seconde"

20 ans plus tard, Rolland Courbis se rappellera de cet épisode de sa carrière chez nos confrères d'Eurosport. Il revient notamment sur la mi-temps de cette rencontre et ce qu'il s'est passé dans les vestiaires avec ses joueurs : "Je n'ai même pas pensé à leur faire croire que c'était possible (de revenir, ndlr). J'avais fait une comparaison avec une partie de pétanque. Il y a des équipes qui perdent 12-0 mais qui continuent de jouer et ne se découragent pas. Et de temps en temps, cela arrive qu'ils gagnent 13 à 12". 

Sur la phrase qu'il a lâchée à Louis Nicollin, Rolland Courbis déclarait : "À la mi-temps, je croise Loulou et Michel Bezy. On se taquine et je leur dis 'Pas besoin de me consoler, on va gagner 5-4'. Évidemment, j'y pense réellement la moitié d'une seconde". 

Le "miracle" s'est donc produit ce soir-là pour Rolland Courbis, les joueurs et les supporters de l'Olympique de Marseille. Le club de la cité phocéenne ratera le titre de champion de France de peu. L'OM terminera à la deuxième place, à un petit point des Girondins de Bordeaux.