Ces tennismen "éreintés"... qui acceptent un tournoi à 3 millions d'euros en Arabie saoudite

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Le Français Gaël Monfils rend la balle au Japonais Yoshihito Nishioka pendant le match de tennis en simple entre la France et le Japon lors de la finale de la Coupe Davis de Madrid 2019, le 19 novembre 2019. © GABRIEL BOUYS / AFP
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En Arabie saoudite, un tournoi de tennis débute jeudi et durera trois jours. Plus qu'une simple compétition, la Diriyah Tennis Cup est surtout un show, qui rémunère ses huit joueurs participants - parmi eux Stanislas Wawrinka, Gaël Monfils et Lucas Pouille - à hauteur de trois millions d'euros à se partager.
EDITO

Un tournoi de tennis "exhibition" s’ouvre aujourd’hui en Arabie Saoudite. Les joueurs qui y participent se disent "éreintés" par leur longue saison, mais la dotation faramineuse de cette exhibition leur a redonné des forces.

C’est un tournoi qui compte pour du beurre, mais les joueurs auront bien l’argent du beurre. La Diriyah Tennis Cup, c’est son nom, va durer trois jours seulement. Avec huit joueurs participants qui vont se partager un prize money total de trois millions de dollars. C’est plus que pour le vainqueur de Roland Garros. Tout ça pour un tournoi qui n’a aucune valeur sportive. C’est ça une exhibition en tennis, c’est un show, mais ça ne rapporte aucun point pour le classement ATP.

Alors avec ces espèces sonnantes et trébuchantes, l’Arabie Saoudite a réussi à attirer un joli plateau de joueurs. Pas de joueuses, la diplomatie du sport a ses limites. Il n’y a pas Nadal, Djokovic, ni Federer non plus. Mais quand même Stanislas Wawrinka, Gaël Monfils et Lucas Pouille par exemple. Pourquoi ont-ils choisi d’aller jouer cette exhibition ? Les joueurs ne cessent de répéter que la saison de tennis est trop longue. Regardez, la Coupe Davis par exemple a été totalement modifiée parce que les tennismen avaient un programme trop chargé pour la jouer. On a vu un Gaël Monfils sur les rotules à Bercy et pendant cette coupe Davis. Plus de jus, trop de fatigue. Et là, il trouve quand même la force d’aller disputer cette exhibition juste avant Noël. Pardon, mais je trouve ça compliqué à défendre comme attitude.

Un problème politique

Cette exhibition devait avoir lieu pour la première fois l’an dernier. Mais elle avait été annulée après le scandale provoqué par l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. Tué en octobre 2018 dans le consulat de son pays à Istanbul par un commando saoudien. Ça veut dire qu’on passe l’éponge au bout de combien de temps ? Deux mois c’est trop court, mais un an ça va, c’est ça ? 

Je comprends que les sportifs qui vont en Arabie Saoudite ne se voient pas comme des porte-paroles du régime. Après tout, ils font du sport dans tous les pays du monde, pas forcément les démocraties les plus irréprochables. Mais Amnesty International accuse le boxeur britannique Anthony Joshua de participer au blanchiment de l’image de l’Arabie Saoudite. Le week-end dernier, il a remporté son combat face à Andy Ruiz à Riyad. Quatre-vingts millions d’euros dans la poche. Et cette défense tellement prévisible du "Je ne fais pas de politique, je boxe". Au moins, faites un effort, et dites que ça peut permettre au peuple saoudien de voir des événements sportifs internationaux. Ca, ça peut s’entendre. Sinon, on n’entend que le bruit de la monnaie qui tombe.

Europe 1
Par Virginie Phulpin