JO de Tokyo : quelles sont les meilleures chances françaises ?

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Teddy Riner Clarisse Agbegnenou Kevin Mayer
Teddy Riner, Clarisse Agbégnénou et Kevin Mayer sont les grandes chances de médaille pour la France. © Photos AFP
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La délégation de l'équipe de France débarque à Tokyo avec 378 athlètes. Parmi tous ces représentants tricolores, certains sont bien placés pour glaner une médaille d'or dans leur discipline. Tour d'horizon des principales chances françaises aux prochains JO d'été (23 juillet-8 août).

En compagnie des porte-drapeaux Clarisse Agbegnenou et Samir Aït Saïd, ils sont 378 athlètes français à se présenter aux Jeux olympiques de Tokyo (23 juillet-8 août) pour tenter de repartir avec la plus belle des médailles autour du cou. Certains ont déjà brillé par le passé à l'image du judoka Teddy Riner, double champion olympique en titre. D'autres peuvent confirmer leurs bonnes progressions comme le décathlonien Kevin Mayer. Enfin, la France n'est pas en reste dans les sports collectifs, avec quelques équipes qui ont tout pour jouer les premiers rôles à Tokyo.

Europe 1 vous présente une sélection (non exhaustive) d'athlètes et d'équipes tricolores qui vont faire vibrer les supporters français pendant les Jeux.

Athlétisme

• Kevin Mayer, décathlon

Le décathlonien Kevin Mayer est une des révélations françaises des derniers Jeux olympiques. Sa médaille d'argent à Rio, derrière la légende américaine Ashton Eaton, avait marqué les esprits. Depuis, le licencié de l'Athletic club de Montpellier n'a cessé de progresser, et a même battu le record du monde de la discipline en 2018 à Talence. Le report des JO en raison du contexte sanitaire lui a permis de se remettre d'une douleur au pied gauche. Cette année, l'athlète de 29 ans s'est imposé dans un championnat d'Europe en salle, à l'heptathlon. Cela lui permet d'arriver à Tokyo en confiance pour tenter d'y remporter sa première médaille d'or olympique.

• Renaud Lavillenie, saut à la perche

L'une des têtes d'affiche de l'athlétisme français est en pleine incertitude. Le perchiste Renaud Lavillenie, champion olympique à Londres en 2012 et 2e à Rio, s'est blessé au pied gauche début juillet, à deux semaines du début des Jeux de Tokyo. "Le compte à rebours est lancé", a-t-il écrit sur Twitter. L'année 2021 s'était pourtant bien déroulée jusqu'ici pour le Clermontois avec un saut à 6,06 mètres fin février, une hauteur qu'il n'avait plus franchie depuis 2014. Renaud Lavillenie devra faire face au Suédois Armand Duplantis, grandissime favori et lui aussi en forme ces derniers mois. À voir si le Clermontois sera apte à 100% au Japon pour défendre ses chances.

• Mélina Robert-Michon, lancer du disque

Figure de proue de l'athlétisme français, Mélina Robert-Michon, 41 ans, s'apprête à disputer ses sixièmes Jeux olympiques cet été. Sa dernière apparition s'est révélée fructueuse avec une médaille d'argent à Rio, où l'athlète tricolore a battu le record de France (66,73 mètres). Après un début de saison poussif en 2021, Mélina Robert-Michon a signé la septième meilleure performance de sa carrière dans un championnat régional en juin dernier, puis elle a remporté son vingtième titre de championne de France. La native de Voiron (Isère) peut réaliser un nouvel exploit olympique.

• Alexandra Tavernier, lancer du marteau

Troisième plus jeune médaillée de l'histoire en championnat du monde (3e en 2015), Alexandra Tavernier porte beaucoup d'espoir tricolore sur ses épaules. Sa progression est croissante depuis sa révélation au plus haut niveau et sa 11e place aux Jeux de Rio, avec des records de France battus successivement ces deux dernières années. La native d'Annecy a franchi la barre des 75 mètres en 2020. Dernièrement, la Haut-Savoyarde a pris la 2e place dans un concours européen début juillet. Une performance qui peut lui permettre d'accrocher un podium olympique pour sa deuxième participation aux Jeux.

• Pascal Martinot-Lagarde, 110 mètres haies

Il possède les qualités pour triompher à Tokyo, mais de récentes blessures poussent à la prudence. Pascal Martinot-Lagarde, spécialiste du 110 mètres haies, n'était pas passé loin de s'inviter sur le podium des JO de Rio, terminant à la 4e place. Depuis, le Français de 29 ans s'est illustré à plusieurs reprises, notamment en décrochant une médaille de bronze aux championnats du monde de Doha en 2019. Touché à l'ischio-jambier droit à l'hiver 2021, Pascal Martinot-Lagarde s'est préservé pour arriver en forme au Japon. Un pari qui peut se révéler payant.

• Pierre-Ambroise Bosse, 800 mètres

Champion du monde en 2017 sur le 800 mètres, le facétieux Pierre-Ambroise Bosse peut sortir une course d'anthologie à n'importe quel moment. Au pied du podium olympique en 2016, le natif de Nantes rêve de remporter une médaille à Tokyo pour ses troisièmes JO. Après une saison tronquée par la pandémie en 2020, il a réalisé de bons chronos en salle sur le 800 mètres, certes sans victoire de référence. Peut-être que le coureur de 29 ans prépare un nouvel exploit au stade olympique de Tokyo.

Basket

• Les équipes féminine et masculine

Les deux formations françaises de basket ont également des chances de ramener des médailles de Tokyo. Les féminines emmenées par Sandrine Gruda veulent confirmer leur performance à l'Euro 2021 où elles ont terminé vice-championnes d'Europe en juin dernier.

Les hommes, troisièmes de la Coupe du monde 2019 avec des joueurs NBA (Rudy Gobert, Evan Fournier), avaient réussi l'exploit de battre la "Team USA" en quarts de finale, signant la première victoire de la France contre les Etats-Unis dans l'histoire du basket international. Les deux équipes se rencontreront d'ailleurs dès la phase de groupes à Tokyo, comme un air de revanche.

Escrime

• Les équipes féminine et masculine

L'escrime est l'une des grandes pourvoyeuses habituelles de médailles côté français. Malgré la non-sélection de Daniel Jérent, médaillé d'or en épée par équipes en 2016, pour suspicion de dopage, le contingent français sera emmené par d'autres anciens médaillés : Yannick Borel, également champion olympique par équipes à Rio, et Enzo Lefort, 2e dans l'épreuve du fleuret par équipes. Avec 14 escrimeurs femmes et hommes confondus, le contingent français est l'un des mieux représentés dans ces JO. De quoi espérer de nouvelles médailles en équipes, mais aussi en individuel.

Football

• L'équipe masculine

L'équipe de France masculine de football est peut-être l'équipe la plus attendue du côté des supporters français. Pour cause : cela fait 25 ans que les Bleus ne s'étaient plus qualifiés pour les JO. La curiosité va donc être de mise avec une sélection chamboulée par rapport à celle de Didier Deschamps à l'Euro. André-Pierre Gignac et Florian Thauvin font leur retour sous le maillot tricolore, en compagnie de joueurs de moins de 23 ans sous la direction du sélectionneur des Espoirs, Sylvain Ripoll.

Une semaine avant le début du tournoi olympique, les Bleus se sont imposés face à la Corée du Sud en match de préparation (2-1). A voir si cette équipe inédite et prometteuse sur le papier peut glaner une médaille, l'objectif de tout un groupe.

Gymnastique artistique

• Samir Aït Saïd, anneaux

Pétri de talent, le gymnaste Samir Aït Saïd s'était fait une grande frayeur en se blessant gravement aux JO de Rio 2016 (fracture du tibia péroné à la réception d'un saut). Le porte-drapeau de la délégation française aux côtés de Clarisse Agbegnenou revient avec l'intention de "venir chercher cette médaille", alors promise. Le spécialiste des anneaux de 31 ans n'est pas seul à viser le podium, mais il promet "une surprise" dans ces mouvements. Lors des derniers championnats du monde de la discipline à Stuttgart, il avait récolté la médaille de bronze, la première récompense de sa carrière dans un Mondial.

Handball

• Les équipes féminine et masculine

En 2016, les équipes de France féminine et masculine de handball avaient remporté la médaille d'argent. Depuis, les deux sélections ont eu un destin croisé. Les Bleues séduisent avec un titre mondial en 2017, un titre européen en 2018 et une deuxième place en 2020.

En revanche, l'équipe masculine se cherche un nouveau souffle après le départ des cadres Thierry Omeyer et Daniel Narcisse. Le retour de "l'ancien" Nikola Karabatic dans le jeu tricolore va peut-être faire du bien aux Bleus, 4e sans lui lors du dernier Mondial en 2021.

Judo

• Teddy Riner

Il est le plus en vue une nouvelle fois dans le contingent français. Le judoka Teddy Riner vise un troisième sacre olympique d'affilée dans la catégorie des plus de 100 kg. Depuis son dixième titre de champion du monde en 2017, la star française s'est faite plus rare sur les tatamis, voulant préserver ses forces pour le grand rendez-vous des Jeux. Vainqueur pour son retour à la compétition en octobre 2019, Teddy Riner a toutefois perdu un combat en février 2020 contre le Japonais Kokoro Kaheura, sa première défaite depuis 2010. Le Guadeloupéen de 32 ans attend sa revanche contre son rival nippon, sur ses terres.

• Clarisse Agbegnenou

Le judo français est une nouvelle fois bien représenté grâce à une autre grande chance tricolore, Clarisse Agbegnenou. Vice-championne olympique à Rio en 2016, la Rennaise de 28 ans a des ambitions élevées au Japon. Et pour cause : elle est la judoka française la plus titrée de l'histoire avec cinq victoires en championnat du monde, dont la dernière édition en juin 2021, et cinq autres en Europe. Porte-drapeau de la délégation française en compagnie du gymnaste Samir Ait Saïd, la judokate tricolore va essayer de gagner le premier titre olympique de sa carrière.

Natation

• Florent Manaudou

Du côté de la natation française, Florent Manaudou demeure l'une des plus grandes chances de médaille. Titré à Londres en 2012 sur le 50 mètres nage libre, le natif de Villeurbanne était reparti de Rio avec deux médailles d'argent, en solo sur la même distance et en équipe sur le 4x100 mètres nage libre. Après une parenthèse sportive en handball, Florent Manaudou a repris la natation en 2019. Bien lui en a pris : en novembre 2020, il a réalisé la troisième meilleure performance mondiale de l'histoire du 50 mètres en petit bassin avec un temps de 20'55".

Revenu à Marseille pour préparer les JO de Tokyo, le nageur de 30 ans a terminé 5e des championnats d'Europe de Budapest en mai dernier, toujours sur le 50 mètres nage libre. Il peut élever son niveau au bon moment pour s'imposer une nouvelle fois sur la scène internationale.

Pentathlon moderne

• Élodie Clouvel

Élodie Clouvel n'a sans doute pas fini d'écrire l'histoire du sport tricolore. Première athlète française médaillée en individuel en pentathlon moderne aux JO de Rio avec l'argent autour du cou, elle peut espérer faire encore mieux et décrocher l'or sur une discipline atypique. Malgré des derniers résultats en-deçà de ses attentes ces dernières années, elle a remporté en 2018 le relais mixte avec son compagnon Valentin Belaud, lui aussi en lice aux JO de Tokyo. Dernièrement, la pentathlète de 32 ans s'est classée 2e en individuel aux championnats du monde en juin dernier. Prometteur pour les Jeux.

VTT

• Pauline Ferrand-Prévôt, cross-country

Passée à côté de ses Jeux en 2016 lors d'une saison marquée par des blessures, la cycliste Pauline Ferrand-Prévôt apparaît dans la forme de sa vie avant le rendez-vous tokyoïte. La native de Reims a remporté les deux derniers championnats du monde de cross-country, en 2019 et 2020, pour totaliser trois titres mondiaux dans cette catégorie olympique. À 29 ans, la coureuse part à la conquête d'une première reconnaissance olympique, et elle a toutes les chances d'y parvenir.

Europe 1
Par Gauthier Delomez avec AFP