Jean-Pierre Bernès : "Le métier d’agent aujourd’hui, c’est le foutoir !"

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Le célèbre agent de joueurs estime que l’image de son métier est polluée par des personnes uniquement intéressées par l’appât du gain.
FACE AUX AUDITEURS

Depuis vingt ans maintenant, Jean-Pierre Bernès, qui était l’invité de Face aux auditeurs, dimanche, sur Europe 1 est l’un de ceux qui incarnent le métier d’agent de joueurs en France. Mais cela ne l’empêche pas de porter un regard très sévère sur ce qu’est devenue sa profession ces dernières années.

"Le métier d’agent aujourd’hui, c’est le foutoir", estime celui qui gère les intérêts, notamment, des deux sélectionneurs des équipes de France, masculine et féminine. "Il y a des gens qui font ce métier qui ne mériteraient pas de le faire. Pourtant, c’est un métier qui, pour moi, est capital. (…) C’est un métier qui doit être considéré, mais c’est vrai qu'aujourd’hui, c’est un métier très mal vu. Malheureusement, les bons paient pour les mauvais. Et comme il y a plus de mauvais que de bons, il y a une caricature qui émerge dans l'opinion…"

Entendu sur europe1 :
Il y a des gens qui font ce métier parce qu’ils voient le joueur comme un billet de banque

Jean-Pierre Bernès regrette notamment que trop de gens cèdent à l’appât du gain. "Il y a trente ou quarante ans, quand on ne savait pas quoi faire dans la vie, on ouvrait un bar ou un restaurant, aujourd’hui, souvent, on veut faire agent de joueurs", regrette-t-il amèrement. "Il y a des gens qui font ce métier parce qu’ils voient le joueur comme un billet de banque. Moi, à Marseille, je reçois souvent des étudiants de la fac des sports qui veulent faire ce métier et qui me demandent des renseignements et quand ils sortent de mon bureau, ils semblent avoir pris un coup sur la tête parce que je leur dis la réalité du métier, ses exigences. Ce n’est pas pour décourager, car c’est un métier qui a sa place dans la famille du football, mais il faut que ce soit un métier qui soit beaucoup plus régulé. Une régulation s’impose. Il faut mettre des règles."

 

Jean-Pierre Bernès, qui est dans le football depuis le début des années 1980, regrette que l’expérience ne soit pas toujours valorisée. "Je pense que pour conseiller, il faut avoir une certaine maturité, une certaine connaissance de la vie, une certaine connaissance de tout", souligne-t-il.  "Il ne faut pas être pressé. On peut le faire quand on est jeune mais le mieux c’est d’intégrer des structures pour apprendre ce métier, on ne peut pas s’improviser agent." Aujourd’hui, plusieurs structures de formation existent en France, comme l’EAJF, l’école des agents de joueurs de football, qui se trouve à Neuilly-sur-Seine.