Madeleine et Françoise, 77 et 85 ans, sont fans de football : "Les gens sont surpris qu'on aille au stade !"

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Dans le septième épisode du nouveau podcast "Les Attaquantes", Françoise et Madeleine, deux grands-mères supportrices des Girondins de Bordeaux, racontent leurs plus belles émotions dans les tribunes. Avec beaucoup d'humour !
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Il y a les supporters de football que l'on connaît, et puis il y a les supporters que l'on n'attend pas. Ou plutôt, les supportrices. Françoise, 85 ans, et Madeleine, 77 ans, sont deux fans des Girondins de Bordeaux. Elles ont leur abonnement pour voir, deux fois par mois, leur équipe de cœur. Dans le septième épisode du nouveau podcast "Les Attaquantes" produit par Europe 1 Studio, elles se confient sur leur passion, entre deux éclats de rire.

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A 77 ans, Madeleine est une fan historique de football. Dès l'enfance, avec sa famille, elle a été baignée dans ce milieu, et n'en est jamais sortie. "Nous étions une très grande famille. Nous étions douze cousins-cousines, neuf garçons et trois filles. On ne nous a jamais dit de faire de la danse ou du piano. Non, on jouait au foot, au lance-pierre, à la carabine !", se rappelle-t-elle, avec humour. "Et puis on avait une tante qui était concierge dans une école, et les classes du premier étage donnaient sur un stade. À l'époque, c'était les équipes locales. Mais le dimanche, souvent, on était sur les bancs pour regarder le foot".

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"On ne m'a jamais dit de faire de la danse ou du piano"

Depuis le décès de son compagnon, avec qui elle allait voir tous les matchs, Madeleine a retrouvé les joies du stade avec Françoise, 85 ans, elle aussi fan de Bordeaux. "Une femme au foot, il y en a plus d'un qui est surpris", se félicite Françoise. "Ceux qui ne font pas de sport, ou qui n'ont jamais été voir de matchs de foot, c'est sûr qu'ils sont surpris qu'une femme de mon âge aille au stade. Mais bon, moi ça m'est égal. Je fais ce que j'ai envie de faire, quand je peux le faire, et puis c'est tout. Ça me procure de la joie, de la satisfaction. Je suis contente de passer un bon moment, de voir du bon foot de temps en temps".

S'ils sont désormais installés au Matmut Atlantique, les Girondins jouaient auparavant au stade Jacques Chaban-Delmas, autrefois appelé Parc Lescure. Madeleine se souvient des rencontres disputées là-bas. "Je ne sais plus quel match, à Lescure, il y avait match nul. Je me souviens de Plasil (milieu des Girondins entre 2009 et 2019, ndlr), qui arrivait avec le ballon. Je me suis levée et j'ai crié 'Mais tire !'. Il a tiré, il a marqué. La joie ! Et autour de moi, on m'a dit 'ah s'il ne tirait pas, c'est qu'il était sourd !' Alors je me dis que j'ai dû hurler !", se remémore Madeleine dans un dernier éclat de rire.

Vers des tribunes 100% féminines ?

La Ligue de football professionnel (LFP) veut encourager plus de femmes à venir au stade. Pour cela, certains clubs mettent en place des tribunes réservées aux femmes. Mais ces opérations ne semblent pas faire l'unanimité auprès des acteurs du football, y compris parmi les premières intéressées. Ainsi Anne-Sophie Roquette, l'emblématique speakerine du Losc, qui vient de prendre sa retraite, juge que ce n'est pas une bonne solution. "Tu ne dois pas marquer de différences", estime-t-elle, "tu dois inciter les clubs de supporters à avoir des femmes membres de leurs clubs, mais tu ne dois pas séparer les femmes d'un côté et les hommes de l'autre. Sinon c'est que toi-même, tu penses qu'il y a une différence entre les femmes et les hommes".

Cette opération ne séduit pas non plus Sabrina, supportrice des Girondins de Bordeaux. "Je m'ennuierais si je n'étais qu'avec des femmes. Ça ne me plairait pas, parce que j'aime ce mélange, être avec des hommes. Si dans certains clubs, ça amène des femmes, pourquoi pas... Mais de là à créer un clivage hommes-femmes… Je ne suis pas sûre que ce soit quelque chose de bien, parce que finalement on a la même passion, donc pourquoi ne pas être tous ensemble...", juge Sabrina, pour le podcast "Les Attaquantes".

Europe 1
Par Idèr Nabili