Fermeture des salles de sport et des gymnases : désobéir pour survivre

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Salle de sport 1:39
Certaines salles de sport ont décidé de ne pas fermer, malgré les mesures sanitaires. Photo d'illustration. © MEHDI FEDOUACH / AFP
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Les gymnases et les salles de sport ont fermé leurs portes pour 15 jours dans les villes placées en zone d’alerte renforcée et maximale. Mais certaines associations, fortement touchées par le confinement, ont décidé de braver l’interdit ou de quitter leur département d'origine.
REPORTAGE

Pendant au moins deux semaines, les amateurs de sport vont devoir prendre leur mal en patience dans les grandes villes. Depuis lundi, les gymnases et les salles de sport ont fermé leurs portes pour 15 jours minimum dans les onze métropoles placées en zone d’alerte renforcée, dont Paris, Lyon ou Nice. Mais dans la pratique, certains clubs et certaines associations ont décidé de braver l'interdit et contré cette mesure prise pour lutter contre le rebond de l'épidémie de coronavirus.

Des séances de yoga hors-la-loi

Après plusieurs mois de fermeture en raison du confinement, ces associations ne veulent pas se résoudre à arrêter leurs cours pour deux semaines de plus. Un club parisien contacté par Europe 1 va ainsi organiser un cours de yoga hors-la-loi, en petit comité, avec neuf élèves au maximum. "À tout moment, les forces de l'ordre peuvent débarquer dans mon studio et me demander de fermer. Je prends ce risque, je ne sais pas trop ce que j'encours", raconte la directrice.

Mais pour elle, fermer une deuxième fois reviendrait à mettre définitivement la clé sous la porte : "On a eu pratiquement quatre mois de fermeture, pratiquement aucun salaire et je dois payer mon loyer, mes charges. Je ne peux pas faire autrement aujourd'hui, je ne peux pas fermer ma salle."

L'exil comme solution ?

Pour rester ouverts, d'autres clubs jouent avec les mots. La salle de sport devient ainsi un "centre de formation", à l'abri des restrictions. En revanche, pour les associations qui utilisent les gymnases des communes, braver l'interdit équivaut à dire adieu aux précieuses subventions.

"On n'a pas du tout notre mot à dire", regrette Yohann, président d’un club de badminton francilien. "La seule solution que nous avons, c'est de trouver un club dans un département qui n'est pas concerné par les restrictions dans les gymnases, comme la Seine-et-Marne, par exemple. On demande pour un ou deux créneaux, pour continuer et survire tout simplement", ajoute-t-il. Et si la situation s'éternise, l’association s'engage à rembourser ses adhérents, au risque de mettre le club en péril.