Elle va courir 7 marathons en 7 jours sur 7 continents : "On retient surtout la plénitude, l'accomplissement"

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Après avoir couru un marathon autour du Pôle Nord et traversé l'Antarctique à ski et sans voile de traction, la Française Stéphanie Gicquel se lance un nouveau défi de taille.
INTERVIEW

Elle n'a pas encore étanché sa soif d'aventure. La sportive de l'extrême Stéphanie Gicquel s'attaque, à la fin du mois de janvier, à un défi herculéen : courir sept marathons, en sept jours consécutifs, sur sept continents. Invitée de Matthieu Noël, jeudi matin sur Europe 1, la Française n'a pas caché son ambition : "Mon objectif, ce serait d'aller chercher la meilleure performance féminine."

Un CV aussi impressionnant que sa résistance "Je vais commencer par l'Antarctique. C'est quelque chose que j'attends avec impatience car j'aime vraiment ce continent", explique l'aventurière. Et pour cause. Elle détient depuis 2015 le record du plus long raid à ski réalisé par une femme en Antarctique, avec 2.045 km parcourus en 74 jours. Une expérience aussi éprouvante qu'éblouissante pour cette femme de 36 ans, amoureuse de la nature. "À force d'entraînement, on parvient à apprécier le paysage. J'ai couru en octobre le '24 heures', une discipline qui consiste à courir pendant 24 heures, j'ai fait 215 km. À la fin, à partir de 20 heures, on est un peu plus en souffrance. Et là pour le coup, on ne peut pas vraiment contempler l'environnement", glisse-t-elle le plus simplement du monde. 

"Mais quand j'ai traversé l'Antarctique, il y a des moments où il faisait -35 degrés avec peu de vent, je pouvais contempler la nature et c'est vraiment ça qui me plait. Par contre, quand il fait -50 degrés et qu'on se prend des rafales de vent, là on est en situation de survie", affirme-t-elle.

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L'abandon, une hérésie. Bien sûr, Stéphanie Gicquel est aussi animée par sa passion pour la course à pied, l'endurance, la persévérance, le dépassement de soi. "J'ai abandonné une fois sur une course, et je me suis jurée depuis de me tenir à mes objectifs. L'abandon, on ne l'oublie pas, alors qu'on oublie parfois les difficultés sur un chemin, on a tendance à les amoindrir. Quand j'ai traversé l'Antarctique, j'ai eu une rage de dent pendant un mois, des moments de fièvre, j'ai eu très faim aussi. Je pesais moins de 40 kilos quand j'ai terminé cette expédition, donc il y avait eu pas mal de souffrances. On retient surtout l'objectif atteint, la plénitude, l'accomplissement", assure la sportive.

"Sortir de ma zone de confort". L'épreuve de sept marathons en sept jours consécutifs sur sept continents est inédite pour Stéphanie Gicquel, et elle lui permet de faire ce qu'elle préfère : "sortir de [sa] zone de confort", son moteur ultime. Cette épreuve quasi surhumaine l'emmènera jusqu'au début du mois de février à Perth en Australie, à Dubaï, Madrid, Santiago ou encore Miami. "La complexité, ce sont des temps de récupération qui sont très courts, inconfortables… On n'a plus aucun fuseau horaire, on dort quand on peut", décrit la jeune femme, qui ambitionne de parcourir ces 295 km en moins de 27 heures, pour ainsi battre la meilleure performance mondiale actuellement détenue par une athlète américaine.

Europe 1
Par Anaïs Huet