Egan Bernal vainqueur du Tour de France : en Colombie, "c'est comme gagner une Coupe du monde de football"

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Egan Bernal est devenu dimanche le premier Colombien à remporter le Tour de France, suscitant un immense enthousiasme dans tout le pays, passionné de cyclisme.
INTERVIEW

À 22 ans et six mois, Egan Bernal est devenu dimanche le coureur le plus jeune à remporter le Tour de France depuis 1909. Il est aussi devenu le premier Colombien à remporter la Grande Boucle, après plusieurs tentatives infructueuses de ses aînés ses dernières années, que ce soit Nairo Quintana (2ème en 2013 et 2015) ou Rigoberto Uran (2ème en 2017).

"C'est un événement tellement grandiose pour la Colombie, parce qu'on attendait cet événement depuis longtemps. On l'attendait avec Nairo Quintana, mais c'est arrivé avec un prodige", a expliqué dans Le Club Tour, dimanche, Gilberto Chocce, ancien cycliste et journaliste péruvien, qui connaît bien la Colombie. "On ne s'y attendait pas dès cette année, parce qu'il avait dans son équipe un autre leader (Geraint Thomas). Mais il est tellement costaud dans les montagnes… En Colombie, c'est comme gagner une Coupe du monde de football."

Pour le cyclisme sud-américain, il s'agit d'un deuxième triomphe consécutif sur les grands Tours, après la victoire de l'Équatorien Richard Caraparaz sur le Giro en mai dernier. "Je pense que le cyclisme est un sport très difficile et en Amérique latine, nous avons des jeunes qui sont habitués à la vie difficile. Souffrir sur un vélo, c'est presque la vie quotidienne", relève Gilberto Chocce.

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Aujourd'hui, les Colombiens sont des coureurs beaucoup plus complets

Pour autant, Bernal, qui a quitté la Colombie à 19 ans, incarne un nouveau cyclisme sud-américain, loin des clichés des purs grimpeurs, comme l'étaiet les pionniers Lucho Herrera et Fabio Parra, qui enflammaient le Tour dans les années 1980.

"Récemment, j'ai vu un documentaire d'un réalisateur français qui est allé dans les écoles de cyclisme en Colombie", a expliqué Claude Droussent, auteur de L'Atlas vélo, dans Le Club Tour, dimanche. "Ce qui m'a stupéfié, c'est qu'à 12, 13, 14 ans, on met les petits Colombiens sur des vélos de chrono, on les apprend à faire des bordures. Avec la Colombie, on se trompe un petit peu en France, et il ne faudrait pas se tromper sur Egan Bernal. On est sur l'imagerie des Colombiens grimpeurs, mais c'est terminé aujourd'hui. Les Colombiens sont des coureurs beaucoup plus complets. D'ailleurs, là où Ergan Bernal m'a le plus stupéfié cette année, ce n'est pas forcément sur le Tour de France, c'est quand il y a eu une énorme bordure dans Paris-Nice, et qu'Egan Bernal avait sa place dans cette bordure au milieu de l'équipe Ineos."

Sur le Tour, Bernal a récidivé, évitant le piège du vent lors de l'étape arrivant vers Albi. Il a également limité les écarts sur le contre-la-montre (22ème à 1'36" de Julian Alaphilippe). Et comme le coureur de l'équipe Ineos, sous contrat jusqu'en 2024, a prouvé dans les Alpes qu'il conservait ses capacités en très haute montagne, la Colombie va peut-être très vite gagner d'autres Tours de France…