ÉDITO - Pouvoirs publics et supporters : "On se parle, on essaye de trouver des solutions ensemble…"

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Entre répression et interdiction de déplacement, les conflits perdurent depuis plusieurs années entre les pouvoirs publics et les groupes de supporters. Mais le gouvernement prend enfin les bonnes décisions. 
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>> Face au manque de dialogue entre les pouvoirs publics et les groupes de supporters, le gouvernement a pris les choses en main et joue la carte du calme et de l'apaisement. Un premier pas après de longs mois placés sous le signe de la répression et des interdictions de déplacement. 

"Jusque-là, tout a été fait à l’envers. Des sanctions à tout va, et pas de dialogue. Il y a déjà eu 47 matches avec des restrictions de déplacement pour les supporters depuis le début de la saison. Et forcément, on a l’ambiance délétère qui va avec cette répression. Quand un arrêté préfectoral interdit carrément à des fans de se déplacer dans tout un département, il y a quelque chose qui ne va pas. Le gouvernement s’en est rendu compte et change de méthode. Avec des propositions faites en début de semaine lors de la réunion de l’Instance nationale du supportérisme. Reconnaître ses erreurs et tenter de redresser la barre, ça mérite d’être souligné, hein, ça n’est pas si fréquent.

 Une circulaire va donc être remise aux préfets… 

Oui, pour éviter d’en arriver à la solution extrême de l’interdiction de déplacement. Trois semaines avant les matches à risque, des réunions auront lieu avec les représentants de supporters pour sécuriser ces déplacements. Jusque-là, ces représentants n’étaient même pas conviés. Enfin du dialogue ! Ça ne va pas tout débloquer d’un coup. Pour un derby Lyon-Saint-Étienne, on ne va pas laisser tout le monde assister au match. Avec une telle rivalité, il faut un minimum de prudence, normal. Mais on se parle, et on essaie de trouver des solutions ensemble. Les supporters réagissent plutôt bien à ces annonces d’ailleurs. En tout cas, ils ont envie d’y croire. C’est dommage qu’on ait perdu autant de temps à les considérer comme des décérébrés qui veulent juste se battre, mais puisque le gouvernement change de méthode, dont acte.

L’un des problèmes, c’est l’homophobie dans les stades. Là aussi, on arrête le dialogue de sourds…

D'un côté, des déclarations belliqueuses des autorités, et de l’autre, en tribunes, des banderoles de mauvais goût au mieux, et carrément insultantes au pire. Stop ! On efface tout et on recommence. On va faire un état des lieux des discriminations dans les stades. Parce qu’on y voit encore beaucoup de choses qu’on ne devrait plus voir. Les résultats sont attendus en février. Ça alors, on fait le travail en amont, on voit quel est le problème, et après on essaie de trouver des solutions. Waouh ! Ce sera forcément plus efficace que de crier chacun dans son coin. C’est miraculeux parfois le dialogue. Comme de reconnaître ses erreurs. Ça a pris du temps, mais ça va dans le bon sens, on dit aussi quand on voit des améliorations. Maintenant, on ne va pas s’emballer, il faut voir dans la pratique… "

Europe 1
Par Par Virginie Phulpin, édité par François Dujarrier