Coronavirus : confiné, un Toulousain court un marathon sur son balcon

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Ce Toulousain a déjà couru 36 marathons dans sa vie. 1:45
Ce Toulousain a déjà couru 36 marathons dans sa vie. © Elisha Nochomovitz
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Tandis que le chef de l'Etat déplore que les Français prennent les consignes de confinement visant à endiguer l'épidémie de coronavirus "à la légère", certains les respectent à la lettre... Sans pour autant renoncer à leurs hobbies habituels. C'est le cas du Toulousain Elisha Nochomovitz, 32 ans, sportif accompli et qui a décidé de courir un marathon sur son balcon. 

Alors qu'Emmanuel Macron a déploré jeudi que les Français prennent "à la légère" les consignes de confinement visant à ralentir l'épidémie de coronavirus, certains ont trouvé le moyen de faire coexister leurs activités habituelles et le respect des règles. C'est le cas du Toulousain Elisha Nochomovitz. A 32 ans, ce sportif accompli fait un marathon... pour le moins original.

 

Sept mètres de long, un mètre de large

Plutôt que de passer son confinement en chaussons, le trentenaire a opté pour ses chaussures de running. Elisha Nochomovitz est en effet habitué des marathons, il en a déjà couru 36 dans sa carrière et dix rien que l’an passé. Mais avec l’arrivée du Covid-19, il a dû changer ses habitudes. Impossible pour lui avec le confinement d’aller courir à Balma, dans la région toulousaine. Alors, il a eu une idée... 

Plutôt que de braver l’interdit, il a en effet décidé de courir un marathon… chez lui, sur son balcon ! 42 kilomètres dans un espace de sept mètres long sur un mètre de large. Soit, selon ses calculs, plus de 6000 aller-retour... "J’ai une notion de la distance", explique-t-il à Europe 1. "J’étais préparé pour faire ceux de Paris et de Barcelone, qui ont été annulés malheureusement. J’avais donc la condition. C’est un peu l’aboutissement. (...) Le mot en soit, 'marathon balcon', est inapproprié, mais je suis un homme de défi et dès que j’ai quelque chose en tête, je veux aller jusqu’au bout", explique-t-il au micro Europe 1.

"Au niveau de la logistique, c'est top !"

"J’ai la chance d’avoir la vue sur les hauteurs de Toulouse et les Pyrénées en fond", poursuit le sportif. "Puis les voisins m’ont regardé faire des aller-retours sur le balcon, ça a permis de garder un lien 'terre-à-terre'..." Et outre le paysage, le coureur a su trouver plusieurs avantages à cette longue course dans un espace si réduit. "La course à pied, il y a des hauts et des bas et des fois, ça peut amener des problèmes gastriques", pointe-t-il d'abord. "Donc le fait de faire un marathon à domicile, déjà ça permet d’avoir des toilettes à côté !"

Autre point positif selon lui : "Au niveau de la logistique, c’est top ! Pas besoin de transports, de nuit d’hôtel, de chercher comment manger, je me dis que finalement c’est pas mal." Sa compagne a même pu lui préparer des ravitaillements au fur et à mesure.. "Mis à part l’ambiance sur le parcours et les aller-retours sur le balcon, je dirais que ça ne change pas grand-chose, c’est juste un peu plus long." 

"Je voulais dédramatiser la situation"

Au-delà de la performance sportive - le Toulousain a bouclé ses 42 km en un peu moins de sept heures, contre quatre habituellement -, Elisha veut surtout sensibiliser les gens : "Avant tout chose, je voulais divertir et amener un peu de baume au cœur des aides-soignants  qui se battent en première ligne pour sauver des vies. Je voulais dédramatiser la situation du confinement avec une petite dose d’humour. On doit respecter les consignes du gouvernement et les aides-soignants qui nous demandent de rester à la maison", explique-t-il. 

Suivi par près de 21 000 abonnés sur Instagram, Elisha avoue que ce défi, était aussi une façon de se prouver qu’il en avait "vraiment encore sous le capot". "Je me suis accroché, je suis allé jusqu’au bout,  ce n’était pas facile parce que c’était long, mais j’ai reçu des messages toute la journée sur Instagram, c’est vrai que a m’a beaucoup aidé à terminer ce challenge", souffle-t-il. 

Désormais, l’athlète toulousain ne s’interdit rien si le confinement venait à durer encore quelques semaines. "Dans ma tête, ça germe  comme pas possible, c’est une plantation d’idées aussi farfelues les unes que les autres", décrit-il. "J’aimerais d’une part améliorer mon propre record, car je pense ne pas avoir donné le meilleur de moi-même, et peut-être augmenter la distance, un 50 ou 60 bornes, un ultra. "

Europe 1
Par Julien Froment