Bernard Caïazzo : "Le football pas plus important que la santé"

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Le président du syndicat Première Ligue et de Saint-Etienne Bernard Caiazzo. 9:38
Le président du syndicat Première Ligue et de Saint-Etienne Bernard Caiazzo. © AFP
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Le coprésident de l’AS Saint-Etienne Bernard Caïazzo était l’invité de Lionel Rosso sur Europe 1. Pour lui, les conditions sanitaires ne sont pour l’heure pas réunies pour reprendre la saison de Ligue 1.
INTERVIEW

Bernard Caïazzo a joué les funambules face à Lionel Rosso, dimanche soir sur Europe 1. Difficile de se positionner clairement sur la reprise, ou non, du championnat de Ligue 1, actuellement suspendu en raison de la pandémie de coronavirus.

Coprésident de l’AS Saint-Etienne, mais aussi patron du puissant syndicat des clubs professionnel Première Ligue, Caïazzo a rappelé que "la priorité des priorités reste la santé", ajoutant : "Il est hors de question de mettre en danger la santé des joueurs, on vit une situation particulièrement grave. Le football ne peut pas être plus important que la santé."

"Essayer d'obtenir une conciliation" avec les diffuseurs 

La pression, économique est pourtant importante sur les clubs professionnels. En effet, les diffuseurs Canal Plus et BeIn Sport ont informé la Ligue de football professionnel qu’ils ne paieraient pas les droits TV, soit plus de 152 millions d’euros.

"Nous avons voté à l’unanimité au bureau de la Ligue et chez Première Ligue d’avoir quatre présidents (du PSG, de Toulouse, Nice et Marseille, ndlr) pour essayer d’obtenir une conciliation," rappelle Bernard Caïazzo. Des clubs, notamment du milieu de tableau, dépendent des droits TV pour maintenir leur budget à l'équilibre, comme le club de Dijon par exemple, qui aurait un trou de cinq millions d'euros dans ses caisses s'il ne percevait pas sa partie des droits télés.

"Le huis clos convient à Canal Plus"

Sur le sujet, Bernard Caïazzo a rappelé que "Canal est un compagnon de football depuis 35 ans. Il mérite d’être écouté, d’être respecté, il ne lâchera jamais le football". Mais le président du syndicat des clubs professionnels n'est pas dupe : "Maintenant, il y a une vérité, il n’y a aucune chaîne de télé diffuseur qui paiera des matches qui ne se sont pas joués, c’est ce qu’il se passe dans les autres pays. Si c’est pour reprendre, rejouer tous les deux jours et terminer en 20 jours, c’est ridicule. Il faut reprendre dans des conditions normales."

Une solution est envisagée et envisageable, à savoir faire jouer les matches sans public, à huis clos. Des championnats étrangers comme la Bundesliga allemande y pensent. "Canal avait déjà écrit que les conditions du huis clos lui convenaient, il faut laisser les gens qui discutent avec Canal Plus mener les négociations, il y a beaucoup de sujets à prendre en compte", pondère Caïazzo, ajoutant : "Nous sommes tous dans le même bateau, là ce n’est pas les joueurs de Marseille contre ceux de Lyon ou Paris, on doit être une équipe de France par rapport à cette situation."

Europe 1
Par Julien Froment