Tour de France : cinq choses à retenir de la 11ème étape entre Albertville et La Rosière

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Froome et Thomas ont maîtrisé les débats, mercredi, lors de la deuxième étape alpestre du Tour de France. © Jeff PACHOUD / AFP
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L'équipe britannique a placé deux de ses coureurs aux deux premières places du classement général, mercredi : Geraint Thomas et Christopher Froome.

TOUR DE FRANCE

La première étape alpestre nous avait laissés sur notre faim, aucun leader n'étant passé à l'offensive, nous laissant alors dans l'incertitude sur les forces en présence. Après la deuxième, on sait. Mais peut-être aurions-nous préféré ne pas savoir, finalement… Car, question suspense, le Tour en a pris un coup, mercredi, lors de la 11ème étape. L'équipe Sky, en position d'attente mardi, est passée à l'attaque, en jouant ses deux cartes, Geraint Thomas et Christopher Froome. Le premier a gagné l'étape et revêtu le Maillot jaune. Le second a contrôlé les offensives derrière, quand il n'en a pas lancées lui-même…

No limit pour les Sky. Six ans que ça dure, si l'on excepte l'année 2014, où Christopher Froome avait rapidement abandonné. Six ans que l'équipe Sky impose sa patte dès la première arrivée au sommet du Tour de France. Ce fut encore le cas, mercredi, mais non pas avec le quadruple vainqueur de l'épreuve, mais avec son lieutenant, Geraint Thomas, qui était le mieux placé au départ de l'étape pour endosser le Maillot jaune (2ème à 2'22" de Greg Van Avermaet, lâché mercredi). Alors que la Sky avait contrôlé la course dans les trois premières ascensions du jour, laissant Alejandro Valverde (Movistar) puis Tom Dumoulin (Sunweb) prendre un peu de champ, Thomas, récent vainqueur du Critérium du Dauphiné, a placé une mine à cinq kilomètres de l'arrivée, laissant tout le monde sur le carreau, son équipier Christopher Froome se chargeant de prendre en chasse les rebelles.

Thomas a alors repris Dumoulin, puis a placé une deuxième accélération qui lui a permis d'avaler dans le dernier kilomètre l'Espagnol Mikel Nieve (Mitchelton-Scott), un ancien de la maison (un petit règlement de comptes, non ?)…

Voilà Thomas leader du classement général, avec 1'25" d'avance sur… Froome, son dauphin. "Froome a gagné cinq ou six grands Tours (six, ndlr). Pour moi, c'est un peu une inconnue", a réagi le vainqueur du jour au micro de France Télévisions. "Je prends les étapes au jour le jour. On n'est qu'à la moitié de la course (onze étapes sur 21 ont été courues, ndlr). Je me suis senti bien aujourd'hui (mercredi) et lorsque j'ai attaqué, j'étais encore très en forme. J'étais en position idéale. Nous savions que nous voulions attaquer durant la course. J'ai réagi à l'instinct parce que j'étais encore frais et je l'ai fait pour l'équipe."

Froome dans le rôle de l'équipier de luxe. Le final de l'étape a sans doute rappelé des souvenirs à beaucoup. Lors du Tour de France 2012, Bradley Wiggins et Christopher Froome avaient fait un et deux de l'épreuve, roulant parfois l'un sur l'autre en montagne. C'est aussi ce qu'on a un peu vu, mercredi, car s'il a d'abord rempli son rôle d'équipier, en suivant les attaques des adversaires de Thomas (qui sont aussi les siens), Froome s'est ensuite permis quelques accélérations dont il a le secret, ce qui lui a permis de revenir sur Dumoulin. Qui sera le leader de la Sky dans les jours qui viennent ? On ne doute pas que l'équipe britannique, qui ne laisse rien au hasard, a un plan.

Tom Dumoulin, la menace ? Après Alejandro Valverde, qui a attaqué dans le col du Pré, le Néerlandais Tom Dumoulin a été le deuxième des grands leaders à se dévoiler, dans la descente du Cormet de Roselend. Le leader de l'équipe Sunweb, vainqueur du Tour d'Italie 2017, a compté jusqu'à une minute d'avance sur le groupe Froome, mais il a fini juste devant le Britannique, revenu à son contact. Dumoulin a néanmoins montré mercredi qu'il serait sans doute le plus redoutable adversaire de la machine Sky.

Les regrets de Bardet. Il a été le plus prompt à répondre à l'attaque de Thomas, mais il n'a pas réussi à revenir, ni à prendre la roue de Dan Martin, qui a "emmené" Froome sur son porte-bagages dans les derniers kilomètres. Et c'est surtout ce manque de "jump" au moment de l'accélération de Martin qui a irrité le leader de l'équipe AG2R La Mondiale. "Je fais une grosse erreur en laissant partir Dan Martin, derrière il y a un peu trop de marquage", a réagi Bardet auprès de l'AFP. "Je suis déçu, parce que ce sont des secondes qui partent. Mais les sensations vont crescendo et, demain (jeudi), il y a une grosse étape (avec arrivée à l'Alpe d'Huez). Je vais me battre encore. Je n'étais pas dans le tempo aujourd'hui (mercredi)."

Arrivé huitième de l'étape à 59 secondes de Thomas, avec deux autres favoris, Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida) et Nairo Quintana (Movistar) dans sa roue, Bardet occupe le même rang au classement général, à 2'58" (déjà) du Maillot jaune.

Barguil passe (de peu) à côté. Après la victoire de Julian Alaphilippe, encore à l'attaque en début d'étape mercredi, le cyclisme français a davantage souffert mercredi. Bardet a perdu du temps et Warren Barguil (Fortuneo-Samsic), attaquant de la première heure, a longtemps espéré la victoire d'étape.

Il était encore avec l'Espagnol Mikel Nieve et l'Italien Damiano Caruso pour la gagne à dix kilomètres de l'arrivée, avant de lâcher prise. "Je suis surtout déçu pour mes équipiers parce je n'ai pas réussi à concrétiser", a-t-il confié dans Vélo Club, sur France 2. Barguil se souvient néanmoins que les deux derniers vainqueurs au sommet de l'Alpe d'Huez, où les coureurs arrivent jeudi, sont français, avec Christopher Riblon en 2013 et Thibaut Pinot en 2015…

 

Kittel et Cavendish hors délais. Le peloton a perdu deux de ses grands noms, mercredi. L'Allemand Marcel Kittel (Katusha-Alpecin) et le Britannique Mark Cavendish (Dimension Data) sont tous les deux arrivés hors délais à La Rosière. Le "Cav" s'est même classé dernier de l'étape, juste devant la voiture-balai…