Julian Alaphilippe ou Thibaut Pinot... 34 ans après, un Français peut-il remporter le Tour de France ?

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© JEFF PACHOUD / AFP
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Julian Alaphilippe toujours Maillot jaune, Thibaut Pinot en embuscade à la quatrième place… Alors que le peloton est au repos lundi à Nîmes, la question est désormais sur toutes les lèvres : et si un Français remportait le Tour de France cette année ?
ON DÉCRYPTE

Une sorte d'effervescence s'est emparée de cette Grande Boucle 2019, marquée par les exploits de deux Français : Julian Alaphilippe et Thibaut Pinot. Le premier a toujours le Maillot jaune sur les épaules après deux semaines de course ; le second a montré toute l'étendue de son talent dans les Pyrénées et s'affirme désormais comme l'un des favoris à la victoire finale.

Rien n'est encore joué, certes, mais une victoire tricolore n'est plus un doux rêve. Et si, 34 ans après, Bernard Hinault avait trouvé son successeur ?

Alaphilippe, un repos bienvenu

Depuis qu'il a endossé la tunique du leader, après un gros coup de force vers Épernay, la question revient en boucle : jusqu'où ira donc Julian Alaphilippe ? Son cousin et entraîneur Franck l'avait répété plusieurs fois au cours de la semaine : "S'il ne récupère pas bien, il va finir par exploser."

Car oui, le n°1 mondial n'est pas indestructible. Dimanche, il a d'ailleurs montré des premiers signes de faiblesse dans la montée du Prat d'Albis, lors de la 15ème étape. Mais le coureur de Deceuninck-Quick Step reste "l'homme de ce Tour", avec 1'35" d'avance sur son dauphin, le tenant du titre Geraint Thomas, au classement général. Alors que le défi de la troisième semaine s'annonce immense, la journée de repos, lundi à Nîmes, devrait lui faire le plus grand bien.

"Dans les Alpes, ça va être un chantier", prévoit-il déjà. Avant d'envisager un passage de témoin qui renforcerait ce Tour très français : "Thibaut (Pinot) a vraiment montré qu'il était parmi les plus forts des favoris. Il arrive dans une troisième semaine qui colle à sa peau, qui lui correspond bien, avec un bon état de fraîcheur. Si je suis amené à perdre le maillot, j'aimerais que ça soit lui le prochain à le revêtir."

Pinot, un (super) coup à jouer

L'espoir est en tout cas permis pour le coureur de la Groupama-FDJ. Le Franc-Comtois a en effet été impressionnant dans les Pyrénées. Dimanche, au-dessus de Foix, il a seulement été précédé par le Britannique Simon Yates. Une performance qui lui permet de pointer à la quatrième place, à trois petites secondes du podium. À 15 secondes, surtout, du favori Thomas.

"Il faut faire attention à ne pas donner trop de temps à Thibaut Pinot. Il est en grande forme mais il n'est pas le seul", a d'ailleurs souligné ce dernier avant la journée de repos. Au sein de sa formation Ineos, on s'interroge : "Est-ce que ça va être Thibaut ou est-ce que l'avantage est pour Julian ? Je ne sais pas...", anticipe Nicolas Portal, l'un des directeurs sportifs. "Le problème c'est que maintenant, tout le monde veut gagner un peu de temps sur tout le monde. Ça se joue dans un mouchoir de poche, excepté pour Julian qui est encore un petit peu devant." Et pour cause : derrière lui, cinq coureurs se tiennent en 40 secondes.

"Ce Tour de France est plus ouvert que ces dernières années car il n'y a aucune grosse équipe assez forte pour contrôler la course", abonde l'Allemand Emanuel Buchmann, quatrième de la dernière étape et sixième du général. Et d'ajouter : "Pour le moment, Pinot semble le plus fort et a une équipe vraiment solide. Il pourrait être le favori, mais nous avons encore une semaine importante devant nous."

Une dernière semaine déterminante

C'est peu dire que le programme est coriace d'ici l'arrivée aux Champs-Élysées. Deux journées de transition, autour de Nîmes puis vers Gap, où une météo caniculaire est annoncée, puis trois dans les Alpes, avec deux arrivées au sommet et six sommets au-delà de 2.000 mètres d'altitude.

Sur leurs terres, Julian Alaphilippe et Thibaut Pinot ne manqueront en tout cas pas de soutien. Y compris dans le peloton. Sur Europe 1, Emmanuel Hubert, qui dirige Arkéa-Samsic, l'équipe du champion de France Warren Barguil, ne cache pas sa satisfaction : "À partir du moment où un Français gagne, c'est toute la France qui gagne, et toutes les équipes, donc il faut obligatoirement se réjouir de cette situation. C'est génial". Quelque soit le résultat à l'arrivée, autant en profiter.