L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) n'a jamais autant enquêté sur des dossiers de violences policières que l'année dernière : 868 dossiers, en hausse de 40% . Si les suites données par la justice à toutes ces enquêtes ne sont pas encore connues, les forces de l'ordre sont sous le feu des critiques. Et des affaires symboliques, comme celle de la mort d'Adama Traoré , cristallisent ce sujet brûlant.
"Une responsabilité individuelle" et "des instructions données"
Comment endiguer ces comportements ? Selon Me Arié Alimi, avocat de plusieurs plaignants dans des dossiers de violences policières présumées, l'enjeu est double : identifier les auteurs, mais aussi les maillons de leur chaîne hiérarchique. "Vous avez systématiquement, dans les dossiers de violences policières, à la fois une responsabilité individuelle - le geste qui est mal exécuté, ou le geste qui n'aurait pas dû être exécuté -, mais également des ordres et des instructions qui sont donnés, notamment dans le maintien de l'ordre", souligne-t-il sur Europe 1.
"Donc il ne faut pas s'arrêter à ceux qui exécutent", martèle l'avocat. "Il faut également poursuivre les personnes qui donnent des ordres illégaux. Ce n'est que si, un jour, on arrive à franchir le cap des donneurs d'ordres, qu'on pourra obtenir une accalmie et la fin des violences policières."