Adama Traoré : l'hypothèse du "coup de chaleur" au centre de la nouvelle expertise médicale

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Trois gendarmes sont suspectés d'être à l'origine de la mort d'Adama Traoré, après son interpellation en juillet 2016. 1:13
Trois gendarmes sont suspectés d'être à l'origine de la mort d'Adama Traoré, après son interpellation en juillet 2016. © AFP
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La nouvelle expertise médicale ordonnée par les juges dans l'affaire Adama Traoré, et qui sera confiée à des médecins belges, vise notamment à savoir si une crise d'hyperthermie est à l'origine de la mort du jeune homme de 24 ans en juillet 2016, après son interpellation par des gendarmes.

La bataille d'expertises médicales continue dans le cadre de la mort d'Adama Traoré. Après l'audition d'un nouveau témoin au début du mois, les juges d'instruction chargés de l'affaire ordonnent une nouvelle expertise. Celle-ci sera confiée à quatre médecins belges. Pour maître Rodolphe Bosselut, l'avocat de deux des trois gendarmes qui avaient interpellé Adama Traoré il y a quatre ans, cette décision pourrait éventuellement dédouaner ses clients en venant confirmer l’hypothèse d’un décès par hyperthermie maligne.

"Cette expertise a été voulue à la suite d’une nouvelle audition du témoin chez qui s’est réfugié Adama Traoré lorsqu’il a été interpellé. Ce témoin avait rapporté l’état d’épuisement d’Adama Traoré, ce qu’il a confirmé en rajoutant qu’Adama Traoré lui aurait confié : ‘je vais mourir’", rapporte auprès d’Europe 1 Rodolphe Bosselut.

Déterminer la cause exacte du décès

C’est donc dans ce contexte que les juges ont décidé d’une nouvelle mesure d’expertise. "La mission confiée aux experts belges est extrêmement complète", insiste maître Bosselut. "Elle demande notamment d’investiguer de façons exhaustive l’hypothèse de l’hyperthermie maligne, c’est-à-dire, pour parler trivialement, d’un 'coup de chaleur' comme origine exclusive du décès."  

Une crise d'hyperthermie maligne peut survenir après un effort intensif, elle se manifeste généralement par une forte température corporelle et une altération de la conscience. Pour défendre cette thèse, la défense s’appuie notamment sur la température relevée sur le corps d’Adama Traoré deux heures après sa mort : 39,2°c.

Europe 1
Par Alain Acco, édité par Romain David