Une recommandation de médicament pour la fin de vie : "Un pas important" pour les médecins

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© JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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La Haute autorité de santé publie lundi un mode d'emploi pour la fameuse "sédation profonde et continue", prévue par la loi Claeys-Léonetti de 2016 sur la fin de vie, ainsi qu'une recommandation de médicament à utiliser. Elle permet d'endormir les malades jusqu'à la mort.

La Haute autorité de santé (HAS) a demandé lundi matin à l’Etat de rendre plus facilement accessibles aux médecins généralistes les médicaments servant à soulager les personnes en fin de vie, soignées à domicile. Cela devrait permettre à tous les docteurs, à la ville comme à la campagne, de mettre en œuvre l'endormissement des patients jusqu’à la mort tel que prévu par la loi de 2016 sur la fin de vie.

La HAS a donc fourni le nom d'un médicament à utiliser, le puissant sédatif Midazolam, ainsi que sa posologie, c'est à dire les doses précises à administrer. "C’est un pas important", se réjouit Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France. Cette recommandation devrait aider les médecins faisant face à des patients atteints de maladies incurables.

Décision collégiale

Au micro d'Europe 1, le professeur Pierre-Louis Druais, médecin généraliste qui a participé à cette recommandation, évoque les difficultés auxquelles les médecins devaient faire face lorsqu'ils étaient confrontés à des patients souffrant, malgré les doses de morphine : "Vous êtes un parent, vous en pensez quoi ? Vous dites que le médecin ne fait pas son job et qu’il y a un problème."

Le brouillard se dissipe donc peu à peu sur la marche à suivre pour accompagner la fin de vie. Mais des obstacles demeurent. "Cette recommandation va certainement encore buter sur cette fameuse décision collégiale", souligne Jean-Paul Hamon. La procédure collégiale consiste à recueillir l’avis d’un autre médecin et du personnel soignant avant de prendre une décision importante, comme c’est le cas de la mise en œuvre d’une sédation profonde. "Il ne faudrait pas nous imposer une personne supposée en savoir plus que nous pour prendre en charge correctement cette fin de vie."

Rendre la loi pleinement applicable

Autre problème, les médecins de ville, contrairement aux médecins hospitaliers, n'ont pas accès au Midazolam. Un sujet que la HAS "n'a pas encore élucidé", insiste le président de la Fédération des médecins de France. 

Pour l'instant, la molécule peut uniquement être obtenue via une pharmacie d'hôpital. La prochaine étape, pour rendre la loi pleinement applicable, serait que la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, autorise la délivrance de ce médicament en pharmacie de villes où les médecins ou la famille pourraient aller l’acheter.

Europe 1
Par Virginie Salmen édité par Antoine Cuny-Le Callet