Une nuit à Lyon et sept heures de retard pour un TGV Marseille-Paris : "On ne traite pas des êtres humains de cette manière"

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Plusieurs centaines de passagers du TGV qui devait rallier Marseille à Paris ont dû passer la nuit dans le train, arrêté à quai en gare de Lyon-Perrache. Ils ne sont arrivés à destination que vendredi matin avec plus de sept heures de retard.
TÉMOIGNAGE

Une fois n'est pas coutume, des passagers de la SNCF ont passé la nuit dans le TGV qui devait rallier Marseille à Paris jeudi soir. Parti à 20 heures, le train s'est arrêté à la gare de Lyon-Perrache dès 23 heures. Il est reparti dans la nuit pour atteindre sa destination avec plus de 7 heures de retard. Tout au long de l'incident, des passagers ont dénoncé le manque de considération et d'informations de la SNCF, raconte 20minutes.

Une nuit à Lyon et sept heures de retard pour un TGV Marseille-Paris : "On ne traite pas des êtres humains de cette manière"

Une longue nuit à quai. Après seulement trois heures de trajet, le train qui devait relier Marseille à Paris fait un arrêt de 40 minutes à Valence avant de rester à quai en gare de Lyon-Perrache, le début d'une longue nuit pour les 730 passagers qui se trouvent à bord. "Il y a des enfants, des femmes enceintes, des animaux... C'est juste aberrant de voir ça.", a confié Maël, un étudiant de 23 ans qui fait souvent ce trajet, au micro d'Europe 1.

Un problème sur le train. L'un des "naufragés" s'insurge sur Twitter en assurant qu'aucune explication n'est fournie sur les raisons de cet arrêt précisant que certains wagons ne sont pas chauffés voire que la lumière y est éteinte. Il s'agirait, selon les informations du Progrès, d'un problème technique sur le train et non sur la ligne. Pendant le trajet, le chef de bord a évoqué un "bruit anormal", a rapporté un usager.

Changement de TGV et plateaux-repas. Aux alentours de minuit, les passagers doivent changer de train car la voie réservée aux trains à grande vitesse est fermée la nuit pour travaux. Ils découvrent à ce moment-là des "kits de nuit" laissés à la porte. "Le wagon-restaurant était fermé donc il n'y avait plus moyen de se restaurer même en payant", raconte encore Maël. "On nous a fourni des plateaux-repas sur les repose-bagages. 'Servez-vous', comme des animaux." Dans les cartons, les passagers trouvent une couverture, un masque, un peigne, une serviette rafraîchissante, une salade de pâtes, des biscottes, une bouteille d'eau et un sachet de bonbons.

"On ne traite pas des êtres humains de cette manière", s'insurge un passager. "Je suis dépassé de voir qu'on a dormi ici pendant que l'équipage du train était dans un hôtel bien au chaud. On ne traite pas des êtres humains de cette manière et qui plus est des clients. C'est lamentable, je n'ai même pas les mots pour dire à quel point on s'est sentis humiliés d'être là", regrette encore l'étudiant.

Plus de sept heures de retard. Vers 4 heures, le train redémarre... pour s'arrêter quelques minutes dans l'autre gare lyonnaise, Part-Dieu, toujours selon les informations fournies à 20minutes par un passager. Le train atteint finalement sa destination, Paris-gare de Lyon, vers 7 heures vendredi avec plus de 7h30 de retard pour un trajet qui prend en moyenne 3h30.

Le directeur de l'axe TGV sud-est a dit que la compagnie était bien consciente de "la nuit difficile et éprouvante" vécue par ses clients, et a précisé que tous les passagers seraient remboursés à 100%.