Un vendredi de pagaille à la SNCF après un droit de retrait exercé par les conducteurs et contrôleurs

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Cet arrêt de travail sans préavis fait suite à un accident survenu mercredi soir. Le trafic a été très perturbé sur les TER et sur certains TGV, toute la journée.

À la veille des vacances scolaires, le trafic SNCF était très perturbé vendredi sur le réseau TER et certaines lignes franciliennes, des conducteurs et contrôleurs faisant valoir leur droit de retrait après un accident ayant fait mercredi plusieurs blessés, dont un conducteur de train.

Cet arrêt de travail sans préavis fait suite à un accident survenu mercredi soir : un TER reliant Charleville-Mézières à Reims a percuté un convoi routier exceptionnel coincé sur un passage à niveau à Saint-Pierre-sur-Vence, dans les Ardennes. La préfecture des Ardennes indique qu'il y a eu "onze blessés", dont certains ont été hospitalisés. Le conducteur du TER, blessé et choqué, "a dû porter secours aux passagers car c'était le seul agent SNCF à bord !", a déploré dans un communiqué SUD-Rail.

"Le droit de retrait, c'est un droit des travailleurs"

SUD-Rail, ainsi que la CGT-Cheminots, FO-Cheminots et la FGAAC-CFDT, contestent le mode d'exploitation "équipement agent seul", qui permet de faire circuler des trains sans contrôleur (ce qui était le cas pour le TER accidenté), évoquant des risques de sécurité pour les voyageurs, alors que, selon la direction, "il existe depuis des dizaines d'années".

"Cette grève sans préavis est totalement irrégulière", a souligné lors d'une conférence de presse le directeur de la branche TER Franck Lacroix. Il a appelé à "la reprise du service normal" et annoncé l'examen d'un éventuel report de la mise en place des nouvelles règles d'autorisation de départ des trains, contestées par les syndicats. "Le droit de retrait, c'est un droit des travailleurs pour dire : 'attention, il se passe quelque chose de grave'", a défendu le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez.

Droit de retrait, que dit la loi ?

Le code du travail subordonne l'exercice du droit de retrait à l'existence d'un danger grave et imminent pour la santé et la vie du travailleur. Dans ce cas uniquement, un travailleur peut quitter son poste et il ne sera pas sanctionné. Y a-t-il "danger grave et imminent" à conduire un train seul sans la présence d'un contrôleur ?

Selon plusieurs juristes interrogés par Europe 1 : "non, pas de danger grave et imminent", d'autant que le mode de conduite "équipement agent seul" est en place depuis plusieurs années à la SNCF. Pour autant, la direction de la SNCF n'a pas l'intention de brandir la menace de sanction.

55% des TER circulent avec "de fortes disparités selon les régions"

Forcément, du côté de certains usagers, un sentiment de colère était de mise après ce mouvement surprise. À la Gare du Nord, Angélique déplore ainsi le manque de communication. "On arrive en gare, les affichages ne sont pas corrects et on n'a aucune information sur les horaires", se désole-t-elle.

De son côté, Marie, en vacances, relativise, d'autant plus qu'elle estime que ce droit de retrait est légitime. "Ils ont une bonne raison car on n'est pas en sécurité. Plusieurs fois, quand on prend le train, on doit s'arrêter car des passages à niveaux ne sont pas sécurisés. Ce n'est pas normal", affirme-t-elle.

En milieu d'après-midi, la SNCF assurait que 55% des TER circulaient avec "de fortes disparités selon les régions" : en Occitanie, Nouvelle-Aquitaine et Pays de la Loire ou Provence-Alpes-Côte d'Azur, la situation était "très perturbée". Quant aux TGV, où l'affluence était importante en cette veille de vacances, le trafic était normal sur les axes nord et est, mais perturbé sur le Sud-Est (20 trains supprimés) ainsi que sur l'axe atlantique.

Europe 1
Par Guillaume Perrodeau avec Élise Denjean, Olivier Samain et AFP