Un balcon s'écroule à Marseille : "Est-ce qu'on doit ne plus longer les murs de peur de prendre un parpaing ?"

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Deux personnes sont tombées du premier étage après l'effondrement d'environ 1m² de ce balcon. 1:23
Deux personnes sont tombées du premier étage après l'effondrement d'environ 1m² de ce balcon. © Capture d'écran BFMTV
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Alors que la polémique enfle sur l'état de nombreux immeubles à Marseille, un balcon s'est partiellement effondré samedi, sur le parcours de la marche blanche, à deux pas du commissariat de la Canebière.
REPORTAGE

Plusieurs milliers de Marseillais ont défilé samedi en hommage aux victimes de l'effondrement de deux immeubles, qui a fait huit morts. Comme un symbole des critiques et des polémiques qui s'abattent sur la municipalité et sa gestion de l'habitat indigne depuis le drame, le balcon d'un immeuble - pourtant apparemment en bon état général - s'est partiellement effondré à quelques mètres à peine du parcours de la marche blanche, faisant trois blessés légers : une femme de 59 ans et un garçon de 7 ans, tombés du premier étage, et une femme de 24 ans, qui a reçu un bloc de pierre sur le pied.

"Un immense bruit et quelqu'un qui hurlait". Marie-Laure se trouvait dans le cortège lorsque l'effondrement s'est produit. "J'ai entendu un immense bruit et quelqu'un qui hurlait. Je me retourne et je vois une dame dans les décombres qui venait de tomber de son balcon", témoigne-t-elle, encore choquée de cette dramatique coïncidence.

La preuve du "délabrement" des immeubles. Parmi les manifestants, le député LREM Saïd Ahamada a "mal au cœur" face à ces accidents qui se multiplient, et en veut à la mairie de Marseille. "C'est le symptôme par l'absurde de la situation que connaît la ville. Ça note juste le niveau de délabrement de certains immeubles dans cette ville. Est-ce qu'on doit ne plus longer les murs de peur de prendre un parpaing ? Est-ce que les Marseillais sont aujourd'hui protégés ? Qu'est-ce qu'on fait pour que ce qui s'est passé ne se reproduise pas ?", questionne l'élu sur Europe 1.

"Gaudin, il préfère faire des hôtels luxueux". Après avoir traversé dans un silence impressionnant Noailles, le quartier populaire où a eu lieu le drame, d'habitude très vivant, le cortège arrive en bas de la Canebière, non loin de la mairie de Jean-Claude Gaudin, cible de critiques virulentes depuis le drame. Sous les balcons de l'hôtel de ville, les cris fusent : "Gaudin assassin ! Gaudin en prison ! Gaudin démission !". "C'est honteux ! La France d'en bas, on s'en fout. Gaudin, il préfère faire des hôtels luxueux. On ne se préoccupe pas des gens !", peste une habitante au micro d'Europe 1. 

Des manifestants qui sont allés demander la démission de Jean-Claude Gaudin et prévoient déjà un autre rassemblement mardi soir, au début de la rue d'Aubagne.

Europe 1
Par Sébastien Frangi, édité par Anaïs Huet