Trèbes : une militante vegan condamnée à 7 mois de prison avec sursis pour "apologie du terrorisme"

, modifié à
  • A
  • A
Christian, boucher au Super U de Trèbes, a été la première victime du terroriste dans le magasin.
Christian, boucher au Super U de Trèbes, a été la première victime du terroriste dans le magasin. © ERIC CABANIS / AFP
Partagez sur :
Une militante vegan s'était réjouie de la mort du boucher du Super U de Trèbes dans les attaques de l'Aude, en parlant d'un "assassin". 

Une militante de la cause animale, qui avait publié un message injurieux à l'égard du boucher du Super U de Trèbes tué dans les attentats islamistes de l'Aude, a été condamnée jeudi à sept mois de prison avec sursis pour "apologie du terrorisme", a appris l'AFP de source judiciaire. La procureure de la République de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, Cécile Deprade, a indiqué avoir requis une peine de "six à huit mois de prison avec sursis", lors de l'audience devant le tribunal correctionnel dans le cadre de la procédure de la comparution immédiate.

"J'ai zéro compassion pour lui". "Ben quoi, ça vous choque un assassin qui se fait tuer par un terroriste ? Pas moi, j'ai zéro compassion pour lui, il y a quand même une justice", avait publié la militante "vegan" sur Facebook, trois jours après la mort à Trèbes du boucher du Super U, Christian Medves, une des quatre victimes du djihadiste. Le message avait ensuite été retiré. Dans son réquisitoire, la magistrate a expliqué que c'était le droit de la prévenue d'avoir une philosophie de vie particulière mais qu'elle ne pouvait oublier qu'elle vivait dans un État de droit avec des règles qui s'appliquent à tout le monde. Cécile Deprade a notamment insisté sur la notion d'apologie du terrorisme, s'appuyant sur la circulaire de l'ancienne ministre la Justice Christiane Taubira de janvier 2015, dont elle a lu le texte à l'audience.

Première victime du supermarché. Dans cette circulaire, Christiane Taubira définit "l'apologie" par "un commentaire des actes de terrorisme en portant sur eux un jugement moral favorable", a expliqué la procureure. Le texte "en lui-même" de la militante vegan, "c'est exactement ça", a-t-elle souligné. Ce message avait entraîné des réactions virulentes à la veille des obsèques des quatre victimes des attentats, célébrées à Trèbes, Villedubert et Carcassonne. Le chef boucher du Super U, 50 ans, marié et père de deux filles, avait été le premier à être assassiné dans le supermarché, quand le djihadiste se réclamant du groupe État islamique était entré dans le magasin vers 11 heures le 23 mars.