Transports : malgré quelques rames bondées, un début de déconfinement sans incident

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La reprise des transports s'est déroulée sans incident majeur en région parisienne.  1:20
La reprise des transports s'est déroulée sans incident majeur en région parisienne. © JEFF PACHOUD / AFP
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Alors que des millions de Français faisaient lundi leur retour dans les transports publics, en cette première journée de déconfinement, la SNCF et la RATP n'ont rapporté aucun incident majeur. Mais plusieurs lignes ont été bondées tôt dans la matinée en région parisienne, suscitant l'indignation des syndicats. 
REPORTAGE

Le début du déconfinement était redouté par de nombreux travailleurs, inquiets de devoir affronter d'éventuels moyens de transport surchargés et la peur d'être contaminés par le coronavirus. Mais dans l'ensemble, la reprise des transports publics s'est déroulée sans incident majeur. Toutefois, des lignes de métro et de RER ont été surchargés tôt dans la matinée en région parisienne, déclenchant l'indignation du principal syndicat de la RATP. 

Pas d'incident majeur, le port du masque globalement respecté 

Sur l'ensemble de la journée, aucun incident majeur n'est à déclarer sur le réseau francilien, tant à la RATP qu'à la SNCF. Les voyageurs, portant un masque dans leur très grande majorité, ont été peu nombreux, ce qui a permis de respecter les règles de distanciation. La RATP, qui avait fermé 60 stations du métro parisien, estimait la fréquentation lundi matin à 15% à 20% de la moyenne, contre 4% pendant le confinement. La SNCF a fait le même constat, le PDG de SNCF Voyageurs (la branche qui fait rouler les trains) Christophe Fanichet louant "une première heure de pointe maîtrisée ce matin". 

Certains RER B et D étaient chargés au début du service, mais "plus de 97% de nos trains de ce matin avaient une affluence faible ou très faible", a précisé un porte-parole. "Le bilan est globalement positif", confirme à Europe 1 Didier Mathis, secrétaire général de l'UNSA ferroviaire, notant que "l'intelligence collective a fonctionné".

Ainsi, en fin d'après-midi, sur la ligne 13 du métro, à Asnières, les quais étaient presque vides, tout comme les rames. Et à l'entrée de la station, deux agents de sécurité étaient présents pour vérifier que chaque usager porte bien son masque. "Ce matin, il y avait un peu plus de monde", commentait alors Yassine, au micro d'Europe 1. "C'est un peu normal. Il était 7h15, tout le monde va au boulot." De son côté, Marie-Juliette, qui faisait son retour dans les transports, estimait que la situation avait été bien gérée. "Ça a été très bien. J'ai stressé ce matin, mais là c'était parfait", a-t-elle expliqué, assurant que "tout le monde portait le masque et respectait les mesures de sécurité". 

Des rames tout de mêmes bondées sur quelques lignes

Le principal problème a concerné la ligne 13 du métro, pour cause d'infiltrations d'eau dues aux fortes précipitations de la nuit. "On a eu quatre problèmes sur la 13. Nos équipes de maintenance ont été très réactives sur le terrain, et à 6h15 on ouvrait", un quart d'heure après l'heure prévue, a expliqué la PDG de la RATP Catherine Guillouard. "Les 15 minutes qu'on a eues de retard pour l'ouverture ont fait qu'il y a eu un peu de monde qui est arrivé, mais on ne pouvait pas aller plus vite que ça, on avait juste le réseau qui était en partie inondé".

Mais au-delà du cas de la ligne 13, l'Unsa-RATP, premier syndicat de la régie des transports franciliens, a "tiré la sonnette d'alarme avec solennité", s'inquiétant d'"une affluence excessive" sur certaines lignes pendant la première heure de pointe de la matinée. Le syndicat "soutiendra tout salarié RATP ayant fait usage de son droit de retrait parce qu'il se sent en danger", ajoute-t-il dans un communiqué. "À nos dirigeants de créer les conditions pour que ce droit ne soit pas utilisé", met-il en garde.

Lundi, "la première heure de la période de pointe matinale a été compliquée avec une affluence excessive, notamment sur la partie nord/nord-ouest de nos réseaux", par exemple la ligne 13 du métro, le RER B et le tramway T1, précise l'Unsa-RATP. Pour le syndicat, les employeurs des salariés qui empruntent ces portions engorgées des réseaux de la régie "doivent 'jouer le jeu' et travailler à étaler les heures de début de journée de leurs employés".

À quoi s'attendre pour les prochains jours ?

Si les opérateurs sont globalement soulagés, ils savent qu'à partir de mardi, il y aura plus de parents dans les transports, avec la réouverture progressive des écoles, mais aussi que les salariés qui retournent au bureau un ou deux jours par semaine ont plutôt préféré éviter d'y aller ce lundi. C'est pourquoi la RATP prévoit de réguler davantage les flux de voyageurs, tandis que la SNCF va ajouter trois trains supplémentaires sur les lignes B et D du RER. On peut également s'attendre à plus de filtrage dans les gares et plus de temps d'attente avant d'accéder à un train.

"Cette semaine va permettre à tout le monde de se roder et de pouvoir monter en puissance la semaine prochaine en augmentant le trafic", prévient Didier Mathis, de l'UNSA ferroviaire. "Aujourd'hui, on était à 60% sur le Transilien, 55% sur le RER, 35% sur le TGV, et 25% dans les Intercités. Ces chiffres vont augmenter de jour en jour."

Europe 1
Par Antoine Terrel avec Aurélien Fleurot et Élise Denjean