Suicide d'un rescapé du Bataclan : la justice reconnaît la possibilité d'un lien avec l'attentat

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Guillaume V., 31 ans, s'est suicidé dans la clinique psychiatrique où il était hospitalisé en 2017. Ses parents viennent de recevoir un avis à partie civile dans le dossier des attentats du 13-Novembre. 

Début mai, les parents de Guillaume V. ont reçu un avis à partie civile dans le dossier du 13-Novembre. Un courrier capital pour le couple, qui se bat pour faire reconnaître son fils comme la 131ème victime des attentats qui ont endeuillé la capitale en 2015, révèle Le Parisien.  

"Un trouble psycho-traumatique caractérisé"

Le soir des attaques, Guillaume V. se trouvait au Bataclan. Il n'a pas été touché dans sa chair, rejoignant la longue liste des "survivants". Mais à la suite de l'attentat, le jeune homme a connu une descente aux enfers. "Ce sujet présente un trouble psycho-traumatique caractérisé, qui reste évolutif", diagnostiquait ainsi un expert mandaté par le Fonds de garantie des victimes du terrorisme en janvier 2017, notant "de très nombreux évitements" et "des moments d'anxiété majeure". 

Admis en psychiatrie dans le Val-de-Marne après une aggravation de sa situation pendant l'été, Guillaume V. s'est pendu en novembre de cette année-là, à 31 ans, retrace le quotidien. Avant les attaques, il ne souffrait d'aucun trouble psychologique. 

"Le suicide a été une complication de cet épisode"

L'avocate de ses parents, Me Claire Josserand-Schmidt, a fait examiner le dossier par une psychiatre spécialisée dans la réparation juridique du dommage corporel, dont le constat est sans appel. "On peut établir que le traumatisme du 13/11/15 a été responsable d'un état de stress post-traumatique chez Monsieur Guillaume V., qui s'est compliqué d'un épisode dépressif majeur [...] et que le suicide a été une complication de cet épisode dépressif majeur", écrit-elle à propos du rescapé. 

"C'est l'accompagnement des blessés psychiques qui est au cœur du problème, et puis aussi l'évaluation de leur préjudice", estime désormais Me Josserand-Schmidt, interrogée par Europe 1. "À l'heure actuelle, les blessures somatiques sont plutôt bien évaluées, on en est loin s'agissant des blessures psychiques. Le cas de Guillaume illustre à quel point ces blessures peuvent être graves et d'intensité telle qu'elles peuvent conduire au décès de la victime."