SNCF : le trafic un peu moins perturbé pour le troisième épisode de grève

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La SNCF a prévu vendredi davantage de trains que lors des premiers jours de la grève. (Image d'illustration) © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
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Le trafic restera perturbé samedi, mais comme vendredi dans une moindre mesure pour ce 3e épisode de grève en pointillé des cheminots, les syndicats continuant de demander des "négociations" avec l'exécutif.

L'ESSENTIEL

Le trafic est un peu moins perturbé vendredi, au troisième épisode de la grève en pointillés à la SNCF. Les syndicats maintiennent la pression au lendemain d'une intervention télévisée d'Emmanuel Macron qui ne les a en rien rassurés. Du côté de l'Assemblée, les députés ont terminé jeudi la première lecture du projet de loi de réforme ferroviaire, qui fera l'objet d'un vote solennel mardi.

Les principales informations à retenir :

  • Un TGV et un TER sur trois, deux Transilien sur cinq et un train Intercités sur cinq ont circulé vendredi. 
  • L'intersyndicale a demandé "l'arrêt du processus législatif en cours" et "l'ouverture de négociations approfondies", appelant les cheminots à "amplifier" la mobilisation.
  • Pour samedi, la circulation des trains sera similaire à celle de vendredi, avec un TGV sur trois, deux Transilien sur cinq et un TER sur trois. 

Le point sur les perturbations

Un TGV sur trois et un Intercité sur cinq. Alors que les vacances scolaires de la zone C (académies d’Île-de-France, de Toulouse et de Montpellier) débutent dans la soirée vendredi, la SNCF a prévu davantage de trains que lors des premiers jours de la grève par épisodes lancée pour bloquer le projet gouvernemental de réforme du ferroviaire. Il y a ainsi un TGV et un TER sur trois, deux Transilien sur cinq et un train Intercités sur cinq en circulation. Le trafic international est "normal" pour les Eurostar, "quasi normal" pour les Thalys, tandis qu'un train Lyria (entre la France et la Suisse) sur six circule. 

Et du côté des RER ? Concernant les transports en communs des Franciliens, les RER sont impactés. Un RER A sur deux est en circulation. Le RER B Sud circule normalement, tandis que deux trains sur cinq sont prévus pour celui du Nord. Un RER C sur trois circule ainsi que deux RER D sur cinq et un RER E sur trois.

Manifestation des cheminots. SUD-Rail, qui a lancé une grève illimitée, manifestait vendredi après-midi à Paris avec les étudiants, postiers et personnels de santé. Cheminots en tête, les manifestants ont défilé sans incident du métro Tolbiac jusqu'à la gare d'Austerlitz. "La vraie démocratie, elle est ici", "Tous ensemble, grève générale", criaient les manifestants.

Les prévisions de circulation de samedi : 

D'après un tweet du groupe SNCF, le trafic sera "très perturbé sur le réseau ferroviaire samedi 14 avril". Un TGV sur trois circulera samedi, deux Transilien sur cinq, un TER sur trois, et un Intercités sur cinq. Côté international, il y aura 4 Eurostar sur 5, mais le trafic des Thalys sera "quasi normal". Soit les mêmes conditions de circulation que vendredi. Ce troisième épisode de grève s'achèvera dimanche matin à 7h55.

Du côté des grévistes

Moins nombreux. Le taux de grévistes s'établissait dans la matinée à 22,5% selon la SNCF, mais ce taux atteignait 38% chez les personnels indispensables à la circulation, avec, dans le détail, 66% des conducteurs, 60% des contrôleurs et 29% des aiguilleurs, des chiffres tous en baisse par rapport aux précédents jours de grève.

La perte de salaire ? "Au besoin, je ferai un prêt". La baisse du taux de participation à la grève peut s'expliquer en partie par l'impact sur les salaires des cheminots. Europe 1 a recueilli le témoignage d'un salarié de la SNCF qui gagne 2.600 euros net par mois. Il est motivé pour s'impliquer dans le mouvement : "Un jour de grève, c'est 97 euros de retrait, donc 12 jours de grève, ça fait 1.200 euros", calcule Bruno Charrier. "Ça va m'amener à faire des choix. Je ne partirai pas en vacances, je n'irai pas au cinéma et puis, s'il y a besoin, je ferai un prêt", explique ce cheminot qui voit cela comme "un investissement sur l'avenir" plutôt que comme "une perte aujourd'hui". 

La CFDT salue des "avancées". Dans l'interview accordée jeudi sur TF1 par Emmanuel Macron, la CGT Cheminots a vu "un président hésitant, qui ne dit pas grand-chose, qui ne maîtrise vraisemblablement pas le dossier de la réforme et qui, loin de rassurer, renforce la détermination des cheminots". La CFDT Cheminots, "fortement déçue" par les propos présidentiels, est "encore plus déterminée" à poursuivre la grève. Laurent Berger, numéro un de ce syndicat, a cependant salué vendredi des "ouvertures" et "quelques avancées" concernant la réforme, notamment sur l'ouverture à la concurrence. Il a cité la question du "volontariat" pour travailler pour un autre opérateur et "la portabilité des droits", ainsi qu'"une sorte de droit de retour" en cas d'opérateur "défaillant". 

L'intersyndicale CGT-Unsa-SUD-CFDT a demandé vendredi dans un communiqué "l'arrêt du processus législatif en cours" pour réformer la SNCF et "l'ouverture de négociations approfondies", appelant les cheminots à "amplifier" la mobilisation. Le projet de loi de réforme ferroviaire doit faire l'objet d'un vote solennel mardi à l'Assemblée nationale.

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Les cheminots du syndicat SUD-Rail manifestaient vendredi. ©ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Du côté des usagers

"De la fatigue". À la gare parisienne Saint-Lazare vendredi matin, certains usagers se sont levés plus tôt pour être sûrs d'arriver à l'heure au travail. Marie se plaint au micro d'Europe 1 : elle est "fatiguée" car elle doit "toujours s'adapter". Mais cette assistante de direction est aussi "agacée parce que ça reste permanent et le temps que ça se remette en route, c'est déjà à nouveau grève". Seule note de satisfaction selon elle, le trafic est plus soutenu vendredi. 

Notre journaliste s'est rendue en Gare de Lyon, où les quais étaient quasiment déserts, bien loin de l’affluence habituelle des départs en vacances. Entre 10h et 12h30, aucun train n’est parti de la gare. Et là où il y a le plus de monde, c’est au guichet d’informations. 

Du côté du gouvernement

Macron ira "jusqu'au bout". Dans son interview accordée à TF1 jeudi, président Macron a dit vouloir "aller au bout" de la réforme "indispensable" de la SNCF, qui "doit se réorganiser". Il a appelé les syndicats "au calme", affirmant les avoir "entendus". Comme nous vous le disions plus haut, les quatre syndicats représentatifs à la SNCF, qui réclament depuis des semaines de "vraies négociations" sur la réforme, ont tous critiqué l'intervention présidentielle. 

Quid de la dette ? Le chef de l'Etat a par ailleurs souligné que la SNCF serait "une entreprise publique à capitaux 100% publics". Sa dette de quelque 50 milliards d'euros sera reprise en partie "dès le début", puis le reste "progressivement", en fonction de l'avancée des réformes, a-t-il indiqué. Et l'Etat "va investir 10 millions d'euros par jour pendant 10 ans" pour "entretenir les lignes".