Seine-Saint-Denis : polémique après le recrutement d'un gendarme comme proviseur adjoint à Stains

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Le lycée Maurice-Utrillo de Stains (Seine-Saint-Denis) accueillera lundi un ancien gendarme comme proviseur adjoint.
Le lycée Maurice-Utrillo de Stains (Seine-Saint-Denis) accueillera lundi un ancien gendarme comme proviseur adjoint. © JOEL SAGET / AFP
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Les enseignants du lycée Maurice-Utrillo de Stains, en Seine-Saint-Denis, feront grève lundi, pour dénoncer l'arrivée d'un gendarme au poste de proviseur adjoint.

Le symbole dérange l'équipe pédagogique. Un ancien chef d'escadron de la gendarmerie nationale a été nommé proviseur adjoint du lycée Maurice-Utrillo de Stains (Seine-Saint-Denis), chargé de la sécurité, dans le cadre d'un détachement de trois ans. Un poste créé sur mesure après les violences survenues en mars sur le parvis de l'établissement, où plusieurs élèves et un surveillant avaient été blessés, notamment à coups de marteau. Mais cette initiative déplaît à une partie des enseignants, qui se mettront en grève contre l'arrivée du gendarme lundi 5 novembre, date à laquelle il doit prendre ses nouvelles fonctions.

"L'école publique ne sera jamais l'antichambre du commissariat", ont écrit les grévistes dans une tribune publiée le 29 octobre sur le Bondy Blog. Ils s'indignent notamment que des fonds aient pu être débloqués rapidement pour créer ce poste, alors que leurs appels au recrutement de plusieurs professeurs manquants sont restés sans réponse ces derniers mois. "Les métiers de l’éducation ne s’improvisent pas", insistent-ils, annonçant qu'ils ne reconnaîtrons pas l'autorité de ce nouveau proviseur adjoint, "au risque d'être blâmés".

Une inquiétude totalement injustifiée, selon Laurent Nuñez. Interrogé à ce sujet sur Europe 1, vendredi matin, le nouveau secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a fait part de son incompréhension face à la réaction des enseignants. "Leur inquiétude est totalement injustifiée à mes yeux (...) C'est un proviseur adjoint, il va exercer des fonctions au sein de l'Education nationale. Les relations entre les forces de l'ordre et l'Education nationale existent depuis longtemps et les choses se passent bien", a-t-il déclaré au micro d'Audrey Crespo-Mara, se disant "un peu surpris par ces réactions". 

Réécouter la réaction de Laurent Nuñez :

Pas sûr que ces propos suffisent à rassurer les professeurs, qui ont d'ores et déjà annoncé faire grève lundi "et tous les autres jours qu’il le faudra".

Europe 1
Par Margaux Leridon