"Qu’ils les exterminent !" : à Sablé-sur-Sarthe, la mairie a engagé un tueur de pigeons

, modifié à
  • A
  • A
Partagez sur :
La mairie de Sablé-sur-Sarthe a engagé un trappeur, qui a pour mission de faire baisser le nombre de pigeons, dont la prolifération agace les habitants. Une solution qui divise.
REPORTAGE

"C’est vraiment dégueulasse. Ils se perchent partout. Ils nous chient dessus. C’est sale." La ville de Sablé-sur-Sarthe croule sous les pigeons et les habitants en ont assez. Plus de 3.000 volatiles sont recensés dans cette commune de 12.000 habitants. Les trottoirs, les routes, les voitures, les toits dégoulinent de fientes. Après plusieurs tentatives infructueuses pour en limiter le nombre, la mairie a décidé d’engager un trappeur, équipé d’une carabine à air comprimé, pour éradiquer le problème. C’est une première. Europe 1 s'est rendue sur place.

"Une balle perdue, ça peut faire mal"

Certains habitants applaudissent. D’autres ont signé une pétition, qui a déjà recueilli plus de 21.000 signataires pour dire "Non au massacre des pigeons à Sablé-sur-Sarthe". La méthode divise, donc. "Moi, je trouve ça un peu dangereux de tirer sur les pigeons. Il y a des enfants. Une balle perdue, ça peut faire mal", glisse ainsi Sabine.

Le trappeur est devenu le sujet numéro un dans toutes les conversations. Certains habitants ont aperçu sa camionnette. Il opère au lever du jour, s’installe dans les cours des particuliers et vise les pigeons sur les toits avec sa carabine à air comprimé, équipée d’une lunette. Rolande, 81 ans, est déjà fan. "Qu’ils les exterminent ! Moi, l’autre jour, j’en ai reçu un dans la figure, j’étais pas contente", assure l’octogénaire. "Je te l’ai foutu en l’air. Ah mais qu’ils les tuent, qu’ils les tuent, on sera tranquille."

Une battue d’une semaine, 5.000 euros pour la commune

La battue doit durer une semaine, pour un coût d’un peu plus de 5.000 euros pour la commune. Rémi Mareau, conseiller municipal d’opposition, doute de l’efficacité de cette solution. "Les pigeons se reproduisent assez rapidement et ils ne sont pas bêtes. Dès qu’ils voient qu’ils sont un peu moins nombreux, eh ben, ils se reproduisent un peu plus !", craint l’élu.

Une "Les Nouvelles" du 10 octobre 2019

Alors que faire ? Engager à nouveau le trappeur dans quelques mois ? Embarrassée, la mairie préfère ne pas répondre. La Ligue pour la protection des oiseaux propose d’installer plus de pigeonniers régulateurs de naissance. Et les pigeons dans tout ça ? Les survivants se cachent pour roucouler.

Europe 1
Par Victor Dhollande, édité par R.D.