Que sont devenus les migrants évacués du camp de la porte de la Chapelle en novembre dernier ?

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Le campement d'Aubervilliers est évacué plus de deux mois après celui de Porte de la Chapelle (photo) en novembre dernier. 1:41
Le campement d'Aubervilliers est évacué plus de deux mois après celui de Porte de la Chapelle (photo) en novembre dernier. © Christophe ARCHAMBAULT / AFP
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Mardi débute l'évacuation des campements de la porte d'Aubervilliers près de Paris. Au moins 2.000 personnes devraient être prises en charge, plus de deux mois après une autre opération de démantèlement Porte de la Chapelle le 7 novembre dernier. Que sont devenus les migrants délogés ? Europe 1 a mené l'enquête.

2.500 personnes entassées dans des campements de fortune au bord du périphérique nord de Paris... Les campements de la porte d'Aubervilliers ont été évacués mardi matin, campements qui avaient pris de l'ampleur depuis l'évacuation de ceux de Porte de la Chapelle le 7 novembre dernier. 1.600 personnes avaient alors été prises en charge par l'Etat. Plus de deux mois et demi après cette vaste opération, que sont devenus ces migrants ? Europe 1 a rencontré des associations selon lesquelles il existe deux cas de figure. 

Un quart des migrants "sans aucune prise en charge"

D'abord, pour un quart des migrants, la France ne peut rien leur offrir : ils ont déjà déposé leur dossier dans un pays européen, et sont donc de retour dans la rue, parfois quelques jours après l'évacuation, explique Yann Manzi, de l'association "Utopia 56". "A chaque fois, ils montent dans les bus, ils se reposent dans les gymnases mais ils savent que quand l'OFII (Office français de l'immigration et de l'intégration) passe, ils ne rentrent dans aucune case... Ils se retrouvent sans aucune prise en charge", assure le cofondateur de l'association.

Une proposition d'hébergement pour 3/4 d'entre eux

Les trois-quarts des migrants restants, eux, ont reçu une proposition d'hébergement, souvent en dehors de l’Île-de-France, loin de leur communauté. Rédhibitoire, regrette Didier Leski, directeur de l'Office français de l'immigration. "Nous avons 60% de ces personnes qui sont déjà réfugiées qui refusent d'aller en région vers un hébergement proposé. Pour nous, c'est problématique, nous prenons le risque de les retrouver sur le trottoir parisien."

Sur le trottoir, ou plutôt dans un autre campement, comme porte d'Aubervilliers. Le campement a été démantelé mardi, deux jours avant la nuit de la solidarité qui recense les sans-abris à Paris. "Cette évacuation, c'est juste pour faire baisser les chiffres", peste un associatif, "jusqu'à ce que les migrants retournent encore dans la rue". 

Europe 1
Par Romane Hocquet, édité par Séverine Mermilliod