Prof tué à Courbevoie : "obnubilé" par son renvoi de la fac, le suspect en voulait aussi à sa victime

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lycée privé courbevoie
L'ancien étudiant du pôle universitaire privé Léonard-de-Vinci a reconnu les faits lors de ses premières auditions. © PHILIPPE LOPEZ / AFP
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L'homme de 37 ans qui a reconnu avoir tué un professeur d'une université privée apparaît "en décalage avec les faits", selon la procureure de la République de Nanterre.

Le suspect interpellé mercredi pour le meurtre d'un professeur à Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine, était "totalement obnubilé par son éviction" de l'université et en voulait aussi personnellement à sa victime, a indiqué la procureure de la République de Nanterre jeudi.

Un suspect "très difficile à interroger". "Très difficile à interroger", l'homme de 37 ans s'est montré, lors de ses premières auditions par les enquêteurs de la police judiciaire des Hauts-de-Seine, "totalement obnubilé par son éviction de la fac", a souligné Catherine Denis lors d'une conférence de presse.

"Quelqu'un qui est très religieux, très pratiquant". L'ancien étudiant du pôle universitaire privé Léonard-de-Vinci "reconnaît qu'il a tué son enseignant de plusieurs coups de couteau", a-t-elle dit. Il en voulait à ce professeur d'anglais de 66 ans, de nationalité irlandaise, d'avoir "fait un dessin qu'il aurait diffusé en cours en 2016" et qu'il avait considéré comme "insultant pour le Prophète". Mais "rien ne permet d'accréditer" sa version car "personne ne se souvient d'un tel incident", a précisé la magistrate. L'homme, sans domicile fixe, n'est "connu d'aucun service de renseignement", n'a "aucun antécédent judiciaire et, "à ce stade, nous n'avons pas d'élément de radicalisation mais plutôt le sentiment d'avoir affaire à quelqu'un qui est très religieux, très pieux, très pratiquant", a précisé Catherine Denis.

Les faits captés par la vidéosurveillance. Entré en France avec un visa étudiant en 2016, le suspect de nationalité pakistanaise avait effectué sa première année d'étude en école de management sans la valider complètement, ce qui avait entraîné son renvoi. Depuis, selon la procureure, il ne cessait de revenir dans l'établissement pour contester cette décision, jusque-là "sans trouble à l'ordre public" toutefois, a-t-elle souligné. Le jour des faits, les images filmées par une caméra de vidéosurveillance de la faculté montre le suspect discutant "calmement" avec la victime devant l'établissement avant qu'il ne l'attaque avec un couteau à viande dissimulé sur lui, le blessant mortellement.

Une arme achetée dans la matinée. Au total, l'autopsie pratiquée dans la matinée a révélé 23 plaies dont cinq à la tête, trois au cou, six au thorax et plusieurs "lésions de défense" au bras. Appréhendé sur place par des témoins et le personnel de sécurité de l'université, l'homme a été placé en garde à vue mercredi pour le chef d'"assassinat". Il avait en effet acheté son arme plus tôt dans la matinée dans un supermarché de Colombes, une commune toute proche.

En situation irrégulière. Interrogée sur le profil psychologique du suspect, la procureure a indiqué qu'il n'était "pas délirant mais en décalage avec les faits". L'homme, qui ne parle que l'ourdou et l'anglais, était en situation irrégulière sur le sol français depuis septembre 2017, son visa étudiant ayant expiré.