Nordahl Lelandais (à gauche) a répondu de façon évasive aux questions sur son téléphone portable. 1:31
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Jean-Luc Boujon (sur place), édité par Gauthier Delomez
Le huitième jour du procès de Nordahl Lelandais a été consacré au téléphone portable que le principal accusé dans le meurtre de la petite Maëlys a jeté dans un lac, quelques heures après sa première garde à vue. L'avocate d'une partie de la famille s'interroge sur Europe 1 sur le contenu du smartphone, élément clé de l'affaire.

Un téléphone portable au centre des attentions pour le huitième jour du procès de Nordahl Lelandais. Mercredi en fin de journée, la cour d'assises de Grenoble en Isère s'est penchée sur le smartphone que le meurtrier présumé de la petite Maëlys a réduit en miettes, juste après sa première garde à vue. Europe 1 suit ce procès, et c'est un ami proche de l'accusé qui raconte la scène.

"Il ne faut surtout pas que les flics le trouvent (le téléphone) !"

Au sortir de sa première garde à vue chez les gendarmes, quelques jours après le meurtre de Maelys, Nordahl Lelandais donne rendez-vous à son ami près du lac du Bourget. Là, l'ancien maître-chien lui montre un téléphone et lui dit : "Il faut surtout pas que les flics le trouvent !". Puis il se met brusquement à le casser, à le réduire en miettes même avec une pierre, avant de dire à son ami de le jeter dans le lac. À ce moment là, Lelandais est en rage, raconte cet ami.

"Pourquoi avoir détruit ce téléphone ?", demande une avocate. "C'était un téléphone qui (ne) marchait plus. Je l'avais volé dans une soirée. Je l'ai jeté c'est tout !", répond négligemment Nordahl Lelandais. "Mais quelle urgence y avait-il à le détruire ?", continue l'avocate. "Je vous l'ai dit, je l'avais volé. Je voulais pas que les gendarmes trouvent un téléphone volé chez moi", se défend l'ex-militaire.

Y avait-il "d'autres vidéos concernant des enfants" ?

L'avocate d'une partie de la famille, Me Caroline Rémond, poursuit la conversation : "C'est étrange quand même, vous venez de tuer Maëlys, et vous avez peur d'être attrapé pour un vol de téléphone ?" Elle émet ensuite une toute autre hypothèse au micro d'Europe 1, supposant "qu'il y avait des preuves extrêmement compromettantes des dernières heures vécues par Maëlys. Je suppose qu'il y avait également d'autres vidéos concernant des enfants".

Caroline Rémond ajoute qu'elle a demandé à Nordahl Lelandais pourquoi il n'avait pas filmé son crime, "parce qu'encore une fois, ce téléphone n'a pas simplement été jeté, il a été vraiment brisé pour qu'on ne puisse plus du tout retrouver des preuves". Une hypothèse niée en bloc par l'ancien maître-chien, mais qui, pour la première fois, s'est énervé et a perdu la maîtrise de ses nerfs.

Jeudi, pour le neuvième jour du procès, plusieurs experts, notamment en toxicologie et en génétique qui ont travaillé sur l'affaire, vont s'exprimer devant la cour d'assises.